31 mars 2022

361 La neuvième règle. Louer, enfin, tous les préceptes de l'Eglise, ayant l'esprit prompt à chercher des raisons pour les défendre et, en aucune manière, pour les attaquer.

 

362 La dixième règle. Nous devons être plutôt prêts à approuver et à louer aussi bien les décrets et les ordonnances que la conduite de nos supérieurs. Car, bien que la conduite de certains ne soit pas ou n'ait pas été louable, parler contre elle, soit dans des prédications publiques, soit dans .des entretiens en présence des gens simples, engendrerait plus de médisance et de scandale que de profit. En effet, le peuple s'indignerait alors contre ses superieurs aussi bien tempords que spirituels.

Cependant, de même qu'il est nuisible de parler mal des supérieurs en leur absence, aux gens simples, de même il peut être profitable de parler de leur mauvaise conduite aux personnes qui, elles, peuvent y porter remède.

 

363 La onzième règle. Louer la théologie positive et la théologie scolastique. C'est. en effet plutôt le propre des docteurs positifs, par exemple, de saint Jérôme, de saint Augustin,  de saint Grégoire, etc., de mouvoir les sentiments pour aimer et servir en tout Dieu notre Seigneur, 'et c'est plutôt le propre des scolastiques, par exemple saint Thomas, saint Bonaventure, et le Maître des Sentences, etc. de définir ou d'expliquer pour notre époque les choses nécessaires au salut éternel pour mieux réfuter et expliquer toutes les erreurs et tous les sophismes .

En effet, comme les   docteurs   scolastiques   sont plus modernes, non seulement ils profitent de la véritable intelligence de la sainte Écriture et des saints docteurs positifs, mais encore, étant eux-mêmes illuminés et éclairés par la puissance divine, ils trouvent une aide dans les conciles, canons et institutions de notre sainte Mère l'Église.

 

364 La douzième règle. Nous devons nous garder de faire des comparaisons entre nous qui sommes vivants et les bienheureux d'autrefois, car on ne se trompe pas peu en cela, en disant par exemple : « Celui-ci en sait plus que saint Augustin, c'est un autre saint François ou même il le dépasse, c'est un autre saint Paul en bonté,  en sainteté, etc.

 

365 La treizième règle. Pour toucher juste en tout, nous devons toujours tenir ceci : ce que moi je vois blanc, croire que c'est noir si l'Église hiérarchique en décide ainsi, croyant qu'entre le Christ notre Seigneur, l’Époux, et l'Église, son Épouse, c'est le même Esprit qui nous gouverne et nous dirige pour le salut de nos âmes. En effet, c'est par le même Esprit et Seigneur, qui nous donna les dix commandements, que notre sainte Mère l'Église est dirigée et gouvernée.

 

366 La quatorzième règle. Bien que ce soit tout à fait vrai que personne ne puisse se sauver sans être prédestiné et sans avoir la foi et la grâce, il faut faire très attention dans la manière de parler et de s'exprimer sur toutes ces questions.

 

367 La quinzième règle. Nous ne devons pas, habituellement, parler beaucoup de la prédestination. Mais si, en quelque manière, on en parle parfois, qu'on en parle de telle façon que les gens simples n'en viennent  pas à quelque erreur, comme cela arrive parfois, en disant : « Que je doive être sauvé ou condamné, c'est déjà décidé ; et, pour moi, que j'agisse bien ou mal, il ne peut plus en être autrement. Et ainsi, se relâchant, ils négligent les œuvres qui conduisent au salut et au progrès spirituel de leurs âmes.

 

368 La seizième règle. De la même façon, il faut faire attention à ce que, en parlant beaucoup de la foi et avec beaucoup de ferveur, sans aucune distinction ni explication, on ne donne occasion au peuple d'être relâché et paresseux dans les œuvres, soit avant d'avoir la foi informée par la charité, soit après.

 

369 La dix-septième règle. De même, nous ne devons pas parler si abondamment de la grâce, ni y insister tellement, que cela engendre le poison qui supprime la liberté. C'est-à-dire qu'on peut parler de la foi et de la grâce autant qu'il est possible, avec le secours divin, pour une plus grande louange de sa divine Majesté, mais non de telle façon ni de telle manière que, surtout à notre époque si dangereuse, les œuvres et le libre arbitre en subissent quelque préjudice ou soient comptés pour rien.

 

370 La dix-huitième règle. Bien qu'il faille estimer par-dessus tout le fait de beaucoup servir Dieu notre Seigneur par pur amour, nous devons beaucoup louer la crainte de sa divine Majesté. Car non seulement la crainte filiale est une chose pieuse et très sainte, mais même la crainte servile aide beaucoup à sortir du péché mortel là où l'on ne parvient pas à autre chose  de meilleur et de plus utile. Et, une fois qu'on en est sorti, on en vient facilement à la crainte filiale qui est pleinement acceptée et agréée par Dieu notre Seigneur, parce qu'elle ne fait qu'un avec l'amour de Dieu.

mercredi 30 mars

352 POUR I.E SENS VRAI QUE NOUS DEVONS AVOIR DANS L'ÉGLISE MILITANTE ON OBSERVERA LES RÈGLES SUIVANTES

 

353                  La première règle. Laissant tout jugement, nous devons avoir l'esprit disposé et prompt à obéir en tout à la véritable Épouse du Christ notre Seigneur, qui est notre sainte Mère l'Église hiérarchique.

 

354                  La deuxième règle. Louer la confession au prêtre et la réception du très saint Sacrement une fois par an et, plus encore, chaque mois, et bien mieux encore tous les huit jours, dans les conditions requises et dues.

 

355                  La troisième règle. Louer l'assistance fréquente à la messe ; de même, les chants, la psalmodie, les longues prières dans l'église ou en dehors. De même les horaires fixant des temps pour tout office divin, toute prière et toutes les heures canoniales.

 

356       La quatrième règle. Louer beaucoup les ordres religieux, la virginité et la continence, et ne pas louer le mariage autant que celles-ci.

 

357 La cinquième règle. Louer les vœux de religion, d'obéissance, de pauvreté, de chasteté et ceux concernant d'autres perfections surérogatoires.

Il faut observer que, puisque le vœu porte sur les choses qui rapprochent de la perfection évangélique, il ne faut pas faire de vœux sur les choses qui en éloignent, comme par exemple devenir commerçant, se marier, etc.

 

358 La sixième règle. Louer les reliques des saints, vénérant celles-là et priant ceux-ci. Louer les stations, les pèlerinages, les indulgences, les jubilés, les bulles de croisade et les cierges qui brûlent dans les églises.

 

359 La septième règle. Louer les décrets concernant les jeûnes et les abstinences, comme par exemple ceux du Carême, des Quatre-Temps, des Vigiles, du vendredi et du samedi, de même que les pénitences, non seulement intérieures mais même extérieures.

                        

360 La huitième règle. Louer les ornementations et les édifices des églises, ainsi que les images et les vénérer selon ce qu'elles représentent.

mardi 29 mars

300 LA DEUXIÈME APPARITION

Mc, chapitre 16, 1-il

 

Premier. De grand matin, Marie-Madeleine, Marie mère de Jacques et Salomé vont au tombeau, en disant : « Qui nous enlèvera la pierre de la porte du tombeau ? »

Deuxième. Elles voient la pierre enlevée et l'ange qui dit : « C’est Jésus, le Nazaréen, que vous cherchez ? Il est déjà ressuscité, il n'est pas ici. »

Troisième. Il apparut à Marie, celle qui resta près du sépulcre, après que les autres s'en furent allées.

 

301 LA TROISIÈME APPARITION

Saint Matthieu, dernier chapitre

 

 Premier. Ces Marie sortent du tombeau avec crainte et grande joie, voulant annoncer aux disciples la résurrection du Seigneur.

Deuxième. Le Christ notre Seigneur leur apparut en chemin, leur disant : « Salut ! » Elles s'approchèrent, se jetèrent à ses pieds et l'adorèrent. 

Troisième. Jésus leur dit : « Ne craignez pas ; allez et dites à mes frères qu'ils aillent en Galilée, parce qu'ils me verront là-bas.” 

 

302 LA QUATRIÈME APPARITION

Dernier chapitre de Luc, 9-12 ; 33-34

Premier. Ayant entendu dire par les femmes que le Christ était ressuscité, saint Pierre alla en hâte au tombeau. 

Deuxième. En entrant dans le tombeau, il vit les linges seuls, ceux dont le corps du Christ notre Seigneur avait été couverte et rien d'autre.

Troisième. Alors que saint Pierre pensait à ces choses le Christ lui apparut ; et c'est pourquoi les Apôtres disaient : « Vraiment le Seigneur est ressuscité et il est apparu à Simon. »

 

303 LA CINQUIÈME APPARITION

au dernier chapitre de saint Luc

 

Premier. Il apparut aux disciples qui allaient à Emmaüs en parlant du Christ.

Deuxième. Il les reprend, en montrant par les Écritures que le Christ devait mourir et ressusciter : « Ô ignorants et cœurs lents à croire tout ce qu'ont dit les prophètes !  N'était-il pas nécessaire que le Christ souffrît et entrât ainsi dans sa gloire ? » 

Troisième.  A leur demande, il s'arrête là et il resta avec eux jusqu'à ce que, leur donnant la communion, il disparaisse.  Quant à eux, s'en retournant, ils dirent aux disciples comment ils l'avaient reconnu à la communion.

 

304 LA SIXIÈME APPARITION

 jn, chapitre 20, 19-23

 

Premier.  Les disciples étaient réunis « par crainte des juifs », à l'exception de saint Thomas.

Deuxième. Jésus leur apparut, les portes étant fermées ; étant au milieu d'eux, il dit : « La paix soit avec vous. »

Troisième.  Il leur donne l'Esprit Saint en leur disant : « Recevez l'Esprit Saint ; ceux auxquels vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés. »

 

305 LA SEPTIÈME APPARITION

Jean 20, 24-29

 

Premier.  Saint Thomas, incrédule, parce qu'il était absent à l'apparition précédente, dit : Si je ne le vois pas, je ne le croirais pas.

Deuxième.  Jésus leur apparut, huit jours après, les portes étant fermées et dit à saint Thomas : « Mets ici ton doigt et vois la vérité, et ne sois pas incrédule ici ton doigt et vois la vérité, et ne sois pas incrédule mais croyant'. »

Troisième. Saint Thomas crut, disant : « Mon Seigneur et mon Dieu. » Le Christ lui dit : « Heureux sont ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru. »

 

306 LA HUITIEME APPARITION

Jean, dernier chapitre, 1-17

 

Premier. Jésus apparaît à sept de ses disciples qui étaient en train de pêcher et qui, de toute la nuit, n'avaient rien pris jetant le filet sur son ordre, « ils ne pouvaient le retirer à cause de la grande quantité de poissons. » 

Deuxième. A ce miracle, saint jean le reconnut et dit à saint Pierre : « C'est le Seigneur. » Celui-ci se jeta à la mer et vint vers le Christ. 

Troisième. Il leur donna à manger une part de poisson grillé et un rayon de miel3. Il confia les brebis à saint Pierre qui avait d'abord été interrogé par trois fois sur la charité. Et il lui dit : « Pais mes brebis. » 

 

307 LA NEUVIÈME APPARITION

Matthieu, dernier chapitre, 16-20

 

Premier. Les disciples, sur l'ordre du Seigneur, vont au mont Thabor.

Deuxième. Le Christ leur apparaît et dit : « Tout Pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre. »

Troisième. Il les envoya, prêcher dans le monde entier, en disant : « Allez et enseignez tous les peuples, les baptisant au nom du Père et du Fils et de l'Esprit Saint. »

 

308 LA DIXIÈME APPARITION

dans la première épître aux Corinthiens, chapitre 15,6

 

“Ensuite il a été vu par plus de cinq cents frères ensemble.”

 

 

309    LA ONZIÈME APPARITION

dans la première épître aux Corinthiens, chapitre 15, 7

 

“Il apparut ensuite à saint Jacques.”

 

310 LA DOUZIÈME APPARITION

 

Il apparut à Joseph d'Arimathie, comme on le médite pieusement et comme on le lit dans la Vie des Saints.

 

311   LA TREIZIÈME APPARITION

Première épître aux Corinthiens, chapitre 15, 8

 

Il apparut à saint Paul, après l'Ascension : « En dernier lieu, c'est à moi, comme à l'avorton, qu'il est apparu. »

Il apparut aussi, en son âme, aux saints Pères des limbes ; et après les en avoir retirés et avoir repris son corps, il apparut de nombreuses fois aux disciples et s'entretenait avec eux.

 

312 L'ASCENSION DU CHRIST NOTRE SEIGNEUR

Actes 1, 1-12

 

Premier. Après que, pendant quarante jours, apparut aux Apôtres, donnant beaucoup de preuves et de signes et parlant du Royaume de Dieu, il leur ordonna d'attendre à Jérusalem l'Esprit Saint promis.

Deuxième. Il les emmena au mont des Oliviers ; en leur présence il fut élevé, et une nuée le fit disparaître à leurs yeux.

Troisième. Tandis qu'ils regardaient vers le ciel, les anges leur dirent : « Hommes de Galilée, pourquoi êtes-vous là à regarder vers le ciel ? Ce jésus, qui est emporté hors de votre vue vers le ciel, viendra de la même manière que vous l'avez vu aller au ciel. »

 

238 TROIS MANIÈRES DE PRIER ET D'ABORD SUR LES COMMANDEMENTS

 

[LA PREMIÈRE MANIÈRE DE PRIER]

 

La première manière de prier porte sur les dix commandements, les sept péchés mortels, les trois facultés de l'âme, les cinq sens du corps.

 

Cette manière de prier consiste davantage à donner une forme, une manière de faire et des exercices par lesquels l'âme se prépare et en tire du profit, et pour que sa prière soit agréée, plutôt qu'à donner une forme ou quelque manière de faire oraison.

 

239 Tout d'abord, on fera l'équivalent de la deuxième addition de la deuxième Semaine ; c'est-à-dire qu'avant d'entrer en oraison, on reposera un peu l'esprit, en s'asseyant ou en se promenant selon ce qui semblera meilleur, et en considérant où l'on va et pour quoi faire.  Cette même addition se fera au début de chacune des manières de prier. 

 

[SUR LES COMMANDEMENTS]

 

240 Une prière préparatoire.  Par exemple, demander à Dieu notre Seigneur la grâce de pouvoir connaître en quoi j'ai manqué aux dix commandements ; et de même demander grâce et aide pour m'amender à l'avenir en demandant une parfaite intelligence de ces commandements, pour mieux les observer et pour une plus grande gloire et louange de sa divine Majesté.

 

241 Pour la première manière de prier, il convient de considérer et de penser comment j'ai observé le premier commandement et en quoi j'y ai manqué. J'aurai pour règle de m'y arrêter le temps que l'on met à dire trois fois le Pater noster et trois fois l'Ave Maria.  Et si, durant ce temps, je trouve mes fautes, en demander rémission et pardon, puis dire un Pater noster. Je procéderai de la même manière pour chacun des dix commandements.

 

242 Remarque. Lorsqu’on s’examine sur un commandement où l'on constate que l'on n'a aucune habitude de pécher, il n'est pas nécessaire de s'y arrêter si longtemps ; mais, dans la mesure où l'on constate qu'on trébuche plus ou moins sur tel commandement, on doit s'arrêter plus ou moins à la considération et à l'examen de celui-ci.  On observera la même chose pour les péchés mortels.

 

243 Seconde remarque.  Après avoir achevé de parcourir, comme il a déjà été dit, tous les commandements, en m'accusant à leur sujet et en demandant grâce et aide pour m'amender à l'avenir, ' il faut terminer avec un colloque à Dieu notre Seigneur, selon 'la matière proposée'.

 

244 SUR LES PECHES MORTELS

 

Quant aux sept péchés mortels, après l'addition, on fera la prière préparatoire de la manière déjà indiquée, en changeant seulement la matière, qui est ici les péchés qu'on doit éviter, alors qu'auparavant il s'agissait des commandements que l'on doit            observer.  On observera également l'ordre et la règle déjà indiquée, ainsi que le colloque.         

 

 

245 Remarque.  Pour mieux connaître les fautes commises concernant des péchés mortels, on regardera ce qui leur est contraire.  Ainsi pour mieux les éviter, on se proposera et on tachera, par de saints exercices, d'acquérir et d'avoir les sept vertus qui leur sont contraires'.

 

246 SUR LES FACULTÉS DE L'AME

 

2    Pour les trois facultés de l'âme, on gardera le même ordre et la même règle que pour les commandements, en faisant l'addition, la prière préparatoire 239, 240 et le colloque. 243,2

 

 

247 SUR LES CINQ SENS DU CORPS

Pour les cinq sens du corps, on conservera toujours le même ordre, en changeant la matière.

 

 

248 Remarque.  Celui qui, dans l'usage de ses sens, veut imiter le Christ notre Seigneur, se recommandera dans la prière préparatoire à sa divine Majesté ; et après avoir considéré chacun des sens, 2 il dira un Ave Maria ou un Pater noster.  Celui qui, dam l'usage des sens, voudrait imiter Notre Dame, se recommandera à elle dans la prière préparatoire pour qu'elle lui obtienne de son Fils et Seigneur la grâce pour cela ; puis, après avoir considéré chacun des sens, il dira un Ave Maria.

 

249 LA DEUXIÈME MANIÈRE, DE PRIER

se fait en contemplant la signification de chaque mot de la prière.

 

250            Addition. La même addition qu'il y avait dans la Première manière se trouvera dam cette deuxième manière de prier.

 

251            La prière préparatoire se fera en fonction de la personne à qui s'adresse la prière.

 

252            La deuxième manière de prier. Étant à genoux ou, selon qu'on s'y trouve plus disposé et accompagné de plus de dévotion, tenant les yeux fermés ou posés sur un endroit, sans les laisser aller çà et là, on dira Pater.  Et l'on restera dans la considération de ce mot aussi longtemps que l'on trouvera des significations, des comparions, du goût et de la consolation dans des considérations qui se rapportent à ce mot.  On procédera de la même manière pour chaque met du Pater noster ou de toute autre prière sur laquelle on voudrait prier 'de cette manière.

 

253            La première règle.  On restera une heure, selon la manière déjà indiquée sur tout le Pater noster.

Celui-ci terminé, on dira un Ave Maria, un Credo, un Anima Christi et un Salve Regina, vocalement ou mentalement, selon la manière habituelle.

 

254 La deuxième règle.  Si celui qui contemple le Pater noster trouve dans un ou deux mots une bonne matière pour la pensée, et du goût et de la consolation, qu'il ne se soucie pas d'aller plus loin, même si l'heure devait se terminer sur ce qu'il trouve. Celle-ci terminée, il dira le reste du Pater noster de la manière habituelle.

 

255  La troisième règle.  S'il s'est arrêté pendant une heure entière sur un ou deux mots du Pater noster, quand il voudra revenir à cette prière un autre jour, il dira le ou les deux mots précédents comme d'habitude et, avec le mot qui suit immédiatement, il commencera à contempler selon ce qui a été dit dans la deuxième règle. 

 

256            Première remarque.  Il faut observer qu'après avoir terminé le Pater noster, en un ou plusieurs jours, on doit faire de même avec l'Ave Maria, et ensuite avec les autres prières, de sorte qu'on s'exerce toujours pendant un certain temps sur l'une d'elles.

 

257            Seconde remarque.  La prière terminée, s'adressant en peu de mots à la personne à qui il a adressé sa prière, qu'il lui demande les vertus ou les grâces dont il sent avoir davantage besoin.

 

258            TROISIÈME MANIÈRE DE PRIER

sur un rythme

 

Addition : elle sera la même que dans la première et la deuxième manière de prier.

 

La prière préparatoire sera comme dans la deuxième manière de prier.

 

La troisième manière de prier. À chaque aspiration ou expiration, on priera mentalement en disant un mot du Pater noster ou d'une autre prière que l'on récite, de façon à ne dire qu'un seul mot entre une aspiration et une autre. Pendant le temps qui s'écoule d'une aspiration à une autre, on regardera principalement la signification de ce mot, ou bien la personne à qui on adresse la prière, ou bien sa propre bassesse, ou bien la différence entre une telle grandeur et une telle bassesse en moi. On procédera selon la même forme et selon la même règle pour les autres mots du Pater noster.

Puis on fera les autres prières : l'Ave Maria, l'Anima Christi, le Credo et le Salve Regina, comme d'habitude.

 

259            La première règle.  Le jour suivant, ou à une autre heure où l'on voudra prier, on dira l'Ave Maria, sur ce rythme, et les autres prières comme d’habitude ; et procéder de même, ensuite, dans les autres prières. 

 

260            La seconde règle. Celui qui voudrait s'arrêter davantage à la prière faite sur ce rythme, peut dire toutes les prières précédentes ou une partie d'entre elles, en suivant le même procédé du rythme de la respiration, comme cela a été expliqué.

lundi 28 mars 

[QUATRIÈME SEMAINE]

 

218 LA PREMIÈRE CONTEMPLATION COMMENT LE CHRIST NOTRE SEIGNEUR

APPARUT A NOTRE DAME

 

La prière préparatoire

 

219 Le premier préambule est l'histoire. C'est ici comment, après que le Christ eut expiré sur la croix et que le corps resta séparé de l'âme, la divinité étant toujours unie à lui, l'âme bienheureuse descendit aux enfers, unie pareillement à la divinité ; et, après avoir tiré de là les âmes justes et être venu au sépulcre, ressuscité, il apparut en corps et en âme à sa Mère bénie.

220 Le deuxième préambule : une composition en voyant le lieu. Ce sera ici de voir la disposition du saint sépulcre et l'endroit ou bien la maison où était Notre Dame, en regardant chacune des parties, une à une, comme la chambre, l'oratoire, etc.

 

221 Le troisième préambule : demander ce que je veux.  Ce sera, ici, demander la grâce d'éprouver intensément allégresse et joie de la si grande gloire et joie du Christ notre Seigneur.

 

222                       Le premier, le deuxième et le troisième point seront les mêmes que d'habitude, ceux que nous avions pour la Cène du Christ notre Seigneur.    

 

194 Le premier point est de voir les personnes de la Cène et, réfléchissant en moi-même, chercher à en tirer’ quelque profit.

Le deuxième point.  Entendre ce qu’elles disent et, de même, en tirer quelque profit.

Le troisième point. Regarder ce qu’elles font et tirer quelque profit.         

 

223                       Le quatrième point. Considérer comment la divinité, qui paraissait se cacher dans la Passion, paraît et se montre maintenant si miraculeusement dans la très sainte Résurrection, par les vrais et très saints effets de celle-ci.

 

224            Le cinquième point. Regarder l'office de consolation que vient exercer le Christ notre Seigneur et le comparer à la façon dont des amis ont l'habitude de se consoler les uns les autres.

 

225            Le colloque. Terminer avec un colloque ou des colloques, selon 'la matière proposée', puis un Pater    noster.

 

226 Première remarque. Dans les contemplations suivantes, que l'on procède pendant tous les mystères de la Résurrection de la manière indiquée ci-dessous, jusqu'à l'Ascension inclusivement ; pour le reste, on suivra et on gardera pendant toute la Semaine de la Résurrection la même forme et la même manière que l'on a gardées pendant toute la Semaine de la Passion.

 

De sorte que c'est d'après cette première contemplation de la Résurrection qu'on se réglera : en ce qui concerne les préambules, selon 'la matière proposée'; et en ce qui concerne les cinq points, ce seront les mêmes; et les additions qui se trouvent ci-dessous seront les mêmes.

      Et ainsi pour tout ce qui reste, on peut se régler sur la manière de faire de la Semaine de la Passion, comme par exemple pour les répétitions, pour l'application des cinq sens, pour écourter ou allonger les mystères, etc.

 

227 Deuxième remarque.  Dans cette quatrième Semaine, il convient en général, plus que dans les trois Semaines précédentes, de faire quatre exercices et non cinq.  Le premier au matin, tout de suite après s'être levé ; le deuxième, à l'heure de la messe ou avant le repas de midi, à la place de la première répétition -, le troisième, à l'heure des vêpres, à la place de la deuxième répétition ; le quatrième, avant le repas du soir, en appliquant les cinq sens sur les trois exercices du même jour, en notant, et en s'y arrêtant, les endroits plus importants où on aura senti de plus grandes motions et de plus grands goûts spirituels.

 

228 Troisième règle.  Bien que dans toutes les contemplations on ait donné un nombre déterminé de points, par exemple trois ou cinq, etc., celui qui contemple peut cependant en fixer un plus ou moins grand nombre, selon qu'il s'en trouvera mieux. Pour cela il est très profitable, avant d'entrer dans la contemplation, de prévoir et de noter les points qu'on prendra, en en fixant le nombre précis.

 

229 Quatrième remarque.  Dans cette quatrième Semaine, sur l'ensemble des dix additions il faut modifier la deuxième, la sixième, la septième et la dixième. Une deuxième addition sera, tout de Suite après m'être éveillé, de me mettre, face à la contemplation que j'ai à faire, voulant être touché et éprouver de l'allégresse en raison de la si grande joie et allégresse du Christ notre Seigneur. La sixième addition se remettre en mémoire et dans la pensée des choses qui incitent au plaisir, à l'allégresse et à la joie spirituelle, comme par exemple la gloire. La septième addition : user de la clarté du jour. ou des agréments du temps, comme, par exemple, de la fraîcheur, en été, du soleil, et de la chaleur en hiver,  la mesure où l'âme pense ou estime que cela peur l'aider à se réjouir en son Créateur et Rédempteur. La dixième addition : à la place de la pénitence, veiller à la tempérance et à une parfaite modération, sauf lorsqu'il y a des préceptes de jeûne et d'abstinence, prescrits par l’Église ; parce que ces préceptes doivent toujours être observés, à moins d'empêchement légitime.

 

 

299 LA RÉSURRECTION DU CHRIST NOTRE SEIGNEUR

SA PREMIÈRE APPARITION

 

Premier.  Il apparat à la Vierge Marie ; ce qui, bien qu'on ne le dise pas dans l'Écriture, est considéré comme sous-entendu quand celle-ci dit qu'il est apparu à tant d'autres. Car l'Écriture suppose que nous avons de l'intelligence, selon ce qui est écrit : « Êtes-vous, vous aussi, sans intelligence ? »

Jeudi 24 mars

  

 

 

337 DANS LE MINISTÈRE DE DISTRIBUER DES AUMÔNES 

ON DOIT OBSERVER LES RÈGLES SUIVANTES

 

338 La première règle. Si je fais la distribution à des parents ou à des amis ou à des personnes pour lesquelles j'ai de l'affection, je devrai regarder quatre choses dont on a parlé en partie dans la matière de l'élection. (184-187)

La première est que cet amour qui me meut et me fait donner l'aumône descende d'en haut, de l'amour de Dieu notre Seigneur, de sorte que je sente d'abord en moi que l'amour plus ou moins grand que j'ai pour ces personnes est pour Dieu, et que Dieu transparaisse dans le motif pour lequel je les aime davantage.

 

339 La deuxième règle. Je veux imaginer un homme que je n’ai jamais vu ni connu ' et , désirant pour lui toute perfection dans le ministère et l'état qui sont les siens, voir comment je voudrais qu'il se règle dans sa manière de distribuer les aumônes, pour une plus grande gloire de Dieu notre Seigneur  et une plus grande perfection de son âme. Et moi, faisant ainsi, ni plus ni moins, j'observerai la règle et la norme que je voudrais pour cet autre et que je juge être la meilleure. 

 

340 La troisième règle. Je veux considérer, comme si j'étais à l'anicle de la mon, la forme et la norme que je voudrais alors avoir suivies dans la charge de mon administration. Me réglant sur elles, je les observerai dans chacun des actes de ines distributions 

 

341 La quatrième règle. Considérer comment je serai au jour du jugement ; bien penser comment je voudrais alors avoir rempli cet office et cette charge du ministère, et, la règle que je voudrais alors avoir suivie, la suivre maintenant.

 

342 La cinquième règle. Lorsque quelqu'un sent de l'inclination et de l'affection pour certaines personnes auxquelles il veut distribuer des aumônes, il s'arrêtera et ruminera bien les quatre règles précédentes, pour examiner et juger d'après elles son attachement. Et on ne donnera pas l'aumône avant d'avoir, conformément à ces règles, tout à fait écarté et rejeté son attachement désordonné.

 

343 La sixième règle. Il n'y a pas de faute à prendre les biens de Dieu notre Seigneur pour les distribuer, quand on est appelé par Dieu notre Seigneur à un tel ministère. Cependant, pour ce qui est du montant et de la quantité qu'on doit prendre et s’attribuer à soi-même sur ce qu’on détient pour le donner aux autres, on peut se demander s'il y a faute et excès. C'est pourquoi on peut se réformer dans sa vie et son état en se servant des règles précédentes.

 

344 La   septième   règle.   Pour   des   raisons déjà mentionnées, et pour beaucoup d'autres, il est toujours meilleur et plus sûr, pour ce qui touche à nous-mêmes et à notre train de maison, ' de se priver et de se restreindre autant qu’il est possible, et de se rapprocher autant que possible de notre souverain pontife, notre modèle et notre règle, qui est le Christ notre Seigneur. Conformément à cela, le IIIème Concile de Carthage (auquel saint Augustin fut présent) décide et ordonne que le mobilier de l'évêque soit ordinaire et pauvre.

On doit faire la même considération pour tous les genres de vie, en veillant et en s'adaptant à la condition et à l’état des personnes. Ainsi, dans le mariage, nous avons l'exemple de saint Joachim et de sainte Anne qui, partageant leurs biens en trois parts, donnaient la première aux pauvres, la deuxième au ministère et au service du Temple, et prenaient la troisième pour leur propre subsistance et celle de leur famille.

 

 

296 LES MYSTERES ACCOMPLIS

DEPUIS LA MAISON DE PILATE JUSQU'A LA CROIX INCLUSIVEMENT 

Jn 19, 13-22

 

Premier.  Pilate, siégeant comme juge, leur livra Jésus pour qu'ils le crucifient, après que les Juifs eurent nié qu'il fût leur roi cri disant : « Nous n'avons de roi que César. 

Deuxième.  Il portait la croix sur ses épaules ; et comme il ne pouvait la porter, on contraignit Simon de Cyrène à la porter derrière Jésus.

Troisième.  Ils le crucifièrent entre deux brigands, en mettant cette inscription : « Jésus le Nazaréen, roi des juifs. »

 

297 LES MYSTÈRES ACCOMPLIS SUR LA CROIX

Jn 19, 23-37

 

Premier. Il dit sept paroles sur la croix il pria pour ceux qui le crucifiaient; il pardonna au brigand; a confia saint jean à sa Mère et la Mère à Saint Jean ; il dit à voix forte : « J'ai soif », et ils lui donnèrent du fiel et du vinaigre; il dit      qu'il était abandonné; il dit    C'est achevé; il dit « Père, en tes mains je confie mon esprit. »

Deuxième. Le soleil fut obscurci, les rochers brisé,        les tombes ouvertes, le voile du Temple déchiré en deux parties de haut en bas'.

Troisième. On blasphème contre lui en disant « Tu es celui qui détruit le Temple de Dieu -, descends de la croix. » Ses vêtements furent partagés ; son côté fut blessé par la lance, et il coula de l'eau et du sang.

 

298 LES MYSTÈRES ACCOMPLIS DEPUIS LA CROIX

JUSQU’AU SÉPULCRE INCLUSIVEMENT   

au même chapitre 19.

 

Premier. Il fut enlevé de la croix par Joseph et Nicodème, en présence de sa mère douloureuse.

Deuxième. Le corps fut porté au sépulcre, oint et enseveli.

Troisième. On plaça des gardes.

Mercredi 23 mars

 

230 CONTEMPLATION POUR PARVENIR A L'AMOUR

 

Remarque. Tout d'abord il convient d'observer deux choses. 

La première est que l'amour doit se mettre dans les actes plus que dans les paroles. 

      231 La seconde : l'amour consiste en une communication réciproque ; c'est-à-dire que celui qui aime donne et communique à celui qu'il aime ce qu'il a, ou une partie de ce qu'il a ou de ce qu'il peut ; et de même, à l'inverse, celui qui est aimé, à celui qui l'aime. De manière que si l'un a de la science, il la donne à celui qui ne l'a pas ; de même pour les honneurs et pour les richesses. Et ainsi en est-il de l'autre envers le premier.

 

La prière habituelle.

232 Le premier préambule est une composition qui est, ici, de me voir en présence de Dieu notre Seigneur, des anges et des saints qui intercèdent pour moi.

 

233 Le second préambule. Demander ce que je veux.  Ce sera, ici, demander une connaissance intérieure de tout le bien reçu, pour que moi, le reconnaissant pleinement, je puisse en tout aimer et servir sa divine Majesté.

 

234 Le premier point est de me remettre en mémoire les bienfaits que j'ai reçus : ceux de la création, de la rédemption et les dons particuliers, pesant avec beaucoup d'émotion tout ce que Dieu notre Seigneur a fait pour moi et tout ce qu'il m'a donné de ce qu'il a, et ensuite que le Seigneur lui-même désire se donner à moi, autant qu'il le peut, selon son divin dessein. Et à partir de là, réfléchir en moi-même en considérant en toute raison et justice, ce que, de mon côté, je dois offrir et donner à sa divine Majesté : tous mes biens et moi-même avec eux, comme quelqu'un qui fait une offrande de tout son cœur : 

« Prenez, Seigneur, et recevez toute ma liberté, ma mémoire, mon intelligence et toute ma volonté ; tout ce que j'ai et tout ce que je possède ; Vous me l'avez donné, à Vous, Seigneur, je le rends.  Tout est vôtre, disposez-en selon votre entière volonté.  Donnez-moi de vous aimer et donnez-moi votre grâce, elle me suffit. »

 

235 Le deuxième point.  Regarder comment Dieu habite dans les créatures : dans les éléments en leur donnant l'être, dans les plantes en leur donnant la vie, dans les animaux en leur donnant de sentir, dans les hommes en leur donnant de comprendre, et ainsi à moi, me donnant de même, de vivre, de sentir et me faisant comprendre ; de même faisant de moi son temple, étant créé à la ressemblance et à l'image de sa divine Majesté ;

 

      Réfléchir pareillement en moi-même, selon la manière de faire indiquée dans le Premier Point, ou d'une autre que je sentirai meilleure. On fera de la même manière pour chacun des points qui suivent.

 

236 Le troisième point. Considérer comment Dieu travaille et œuvre pour moi dans toutes les choses créées sur la face de la terre, c'est-à-dire qu'il se comporte à la manière de quelqu'un qui travaille par exemple, dans les cieux, les éléments, les plantes, les fruits, les troupeaux, etc., en leur donnant l'être, en les conservant, en leur donnant de vivre, de sentir, etc.

Ensuite, réfléchir en moi-même.

 

237 Le quatrième point.  Regarder comment tous les biens et tous les dons descendent d'en haut. Par exemple, comment ma puissance limitée descend de celle, suprême et infinie, d'en haut ; et de même pour la justice, la bonté, la compassion, la miséricorde, etc. ; comme du soleil descendent les rayons, de la source les eaux, etc.  Ensuite terminer en réfléchissant en moi-même, selon ce qui a été dit.

Terminer avec un colloque et un Pater noster.

 

289 LA CÈNE

Matthieu 26 Jean 13, 1-30

 

Premier.  Il mangea l'agneau pascal avec ses douze Apôtres auxquels il prédit sa mort : 

« En vérité, je vous dis - que l'un d'entre vous doit me trahir », 

Deuxième. Il lava les pieds, des disciples, même ceux de Judas, en commençant par saint Pierre, celui-ci considérant la majesté du Seigneur et sa propre bassesse, ne voulant pas y consentir, disait « Seigneur, toi, tu me laves les pieds, à moi ! » Mais saint Pierre ne savait pas qu'il donnait, par-là, un exemple d'humilité, et c'est pour cela qu'il dît « Moi, je vous ai donné l'exemple, pour que vous fassiez comme j'ai fait. » 

Troisième.  Il institua le très saint sacrifice de l'Eucharistie, comme très grand signe de son amour, disant : « Prenez et mangez. » La Cène terminée, Judas sort pour trahir le Christ notre Seigneur.

 

290 LES MYSTÈRES ACCOMPLIS 

DEPUIS LA CÈNE JUSQU'AU JARDIN INCLUSIVEMENT 

Matthieu, chapitre 26 et Marc, chapitre 14

 

Premier.  La Cène terminée, et en chantant l'hymne, le Seigneur s'en alla au Mont des Oliviers avec ses disciples remplis de peur.  Il laissa les huit à Gethsémani, en disant : « Asseyez-vous ici, tandis que je vais là-bas pour prier. » 

Deuxième. Accompagné de saint Pierre, saint Jacques et saint jean, il pria trois fois le Seigneur en disant : « Père, si cela peut se faire, que cette coupe passe loin de moi ; cependant, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne. » Et, étant en agonie, il priait plus abondamment. 

Troisième. Il en vint à une si grande peur qu'il disait : « Mon âme est triste jusqu'à la mort. » Et il sua tellement de sang que saint Luc dit : « Sa sueur était comme des gouttes de sang qui tombaient à terre », ce qui suppose que ses vêtements étaient déjà pleins de sang.

 

291 LES MYSTÈRES ACCOMPLIS DEPUIS LE JARDIN 

JUSQU'A LA MAISON D'ANNF INCLUSMMENT

Matthieu 26, Luc 22, Marc 14

 

      Premier, Le Seigneur se laisse donner un baiser par judas et prendre comme un brigand. A ceux qui l'arrêtent, il dit : « Vous êtes sortis pour me prendre comme un brigand, avec des bâtons et des armes, alors que chaque jour j'étais avec vous dans le Temple à enseigner, et vous ne m'avez pas pris. Et quand il dit : « Qui cherchez vous ? », les ennemis tombent à terre. 

Deuxième.  Saint Pierre frappa un serviteur du Grand Prêtre ; le doux Seigneur lui dit : 

« Remets ton épée à sa place », et il guérit la blessure du serviteur. 

Troisième.  Abandonné par ses disciples, il est amené à Anne ; là, saint Pierre, qui l’avait suivi de loin, le renia une fois ; et on donna au Christ une gifle, en lui disant : « Est-ce ainsi que tu réponds au Grand Prêtre ? »

 

292 LES MYSTÈRES ACCOMPLIS DEPUIS LA MAISON D'ANNE JUSQU'A LA MAISON DE CAÏPHE INCLUSIVEMENT

 

Premier.  On le mène, lié, de la maison d'Anne à la maison de Caïphe où saint Pierre le renia deux fois ; regardé par le Seigneur, il sortit dehors et pleura amèrement.

Deuxième. Jésus resta lié toute cette nuit-là.

Troisième.  Outre cela, ceux qui le gardaient prisonnier se moquaient de lui et le frappaient ; ils lui couvraient le visage, lui donnaient des gifles et lui demandaient : « Prophétise nous quel est celui qui t'a frappé ? »; et ils blasphémaient contre lui en disant de semblables choses.

 

293 LES MYSIÈRES ACCOMPLIS DEPUIS LA MAISON DE CAÏPHE JUSQU'A CELLE DE PILATE INCLUSIVEMENT

Mt 27, Lc 23, Mc 15

 

Premier.  Toute la multitude des Juifs' l'amène à Pilate et l'accuse devant lui en disant : « Nous avons trouvé celui-ci qui poussait notre peuple à sa perte et interdisait de payer le tribut à César. »

Deuxième.  Après que Pilate l'eût interrogé une première, puis une seconde fois, Pilate dit à « Moi, je ne trouve aucune faute.

Troisième.  On lui préféra Barrabas, un brigand « Tous poussaient des cris en disant : Ne relâche pas celui-ci, mais Barrabas. »

 

294 LES MYSTÈRES ACCOMPLIS

DEPUIS LA MAISON DE PILATE JUSQU'A CELLE D'HÉRODE

 

Premier. Pilate envoya jésus, le Galiléen, à Hérode, tétrarque de Galilée.

Deuxième. Hérode curieux, l'interrogea longuement, et lui, il ne répondait rien alors que les scribes et les prêtres l'accusaient continuellement.

Troisième. Hérode, ainsi que sa troupe, le traita avec mépris, le revêtant d'un vêtement blanc.

 

295 LES MYSTÈRES ACCOMPLIS DEPUIS LA MAISON D'HÉRODE JUSQU'A CELLE DE PILATE

Mt 27, Lc 23, Mc 15 'et'jn 19

 

Premier.  Hérode le renvoie à Pilate ; à cause de cela, ils sont devenus amis, eux qui auparavant étaient ennemis.

Deuxième.  Pilate prit jésus et le fit flageller ; et les soldats firent une couronne d'épines et la mirent sur sa tête ; ils le revêtirent de pourpre ; ils s'approchaient de lui et disaient : « Salut, roi des juifs ! » et ils lui donnaient des gifles.

Troisième.  Il le fit sortir dehors, en présence de tous -. « Jésus sortit donc, couronné d'épines et vêtu d'écarlate.  Pilate leur dit : Voici l'homme. Dès qu'ils le virent, les Grands Prêtres poussèrent des cris, en disant : « Crucifie, crucifie-le ! »

Mardi 22 mars 

PREMIÈRE MANIÈRE POUR FAIRE UNE SAINE ET BONNE ÉLECTION

Elle comprend six points

 

Le Premier Point est de me représenter la chose sur laquelle je veux faire élection, comme par exemple une charge ou un bénéfice à prendre, ou à laisser, ou quelque autre chose qui relève d’une élection révocable.

 

179 Le deuxième point. Il est nécessaire d’avoir pour objectif la fin pour laquelle je suis créé : louer Dieu notre Seigneur et sauver mon âme ; en outre, je dois me trouver indifférent, sans aucun attachement désordonné, de sorte que je ne sois pas davantage incliné ni attaché à prendre la chose envisagée qu’à la laisser, ni davantage à la laisser qu’à la prendre.

Mais que je me tienne comme au milieu d’une balance, pour suivre ce que je sentirai être davantage à la gloire et à la louange de Dieu notre Seigneur et au salut de mon âme.

180 Le troisième point.  Demander à Dieu notre Seigneur qu’il veuille mouvoir ma volonté et mettre en mon âme ce que je dois faire, au sujet de la chose envisagée, qui soit davantage à sa louange et à sa gloire ; réfléchissant bien et fidèlement avec mon intelligence et choisissant conformément à sa très sainte et bienveillante volonté.

181 Le quatrième point.  Considérer, en réfléchissant, combien d’avantages et de profits découlent pour moi du fait d’avoir la charge ou le bénéfice envisagé, en vue seulement de la louange de Dieu notre Seigneur et du salut de mon âme ; et, à l’inverse, considérer de même les désavantages et les dangers qu’il y a à les avoir.

Faire de même dans la seconde partie : regarder les avantages et les profits qu’il y a à ne pas les avoir et de même, à l’inverse, regarder les désavantages et les dangers qu’il y a aussi à ne pas les avoir.

182 Le cinquième point.  Après avoir ainsi parcouru le sujet et réfléchi à tous les aspects de la chose envisagée, je regarderai de quel côté la raison incline davantage, C’est donc d’après la plus forte motion de la raison, et non d’après quelque motion des sens, qu’on doit prendre la décision concernant la chose envisagée.

 

183 Le sixième point.  Cette élection ou cette décision étant faite, celui qui l’a fait doit, avec beaucoup d’empressement, aller à la prière devant Dieu notre Seigneur et lui offrir cette élection, afin que sa divine majesté veuille bien la recevoir et la confirmer, si tel est son plus grand service et sa plus grande louange.

184 SECONDE MANIÈRE POUR FAIRE UNE SAINE ET BONNE ÉLECTION

Elle comprend quatre règles et une remarque.

 

La première règle. Que cet amour qui me meut et me fait choisir cette chose, descende d’en haut, de l’amour de Dieu, de sorte que celui qui choisit sente d’abord, en lui, que cet amour plus ou moins grand qu’il a pour la chose qu’il choisit est uniquement à cause de son Créateur et Seigneur.

 

185 La deuxième règle. Regarder un homme que je n’ai jamais vu ni connu et moi, désirant pour lui une totale perfection, considérer ce que je lui dirais de faire et de choisir pour une plus grande gloire de Dieu notre Seigneur et une plus grande perfection de son âme ; et moi, faisant de même, j’observerai la règle que j’établis pour un autre.

 

186 La troisième règle. Considérer, comme si j’étais à l’article de la mort, la façon de procéder et la norme que je voudrais alors avoir suivie dans la manière de faire la présente élection ; et, me réglant sur elle, prendre en tout ma décision.

 

187 La quatrième règle.  Regardant et considérant comment je me trouverai au jour du jugement, penser comment j’aurais voulu alors avoir pris ma décision au sujet de la chose présente ; la règle que j’aurais voulu alors avoir suivie, l’adopter maintenant pour que je me trouve alors dans un bonheur et une joie totale.

 

188 Remarque.  Après avoir suivi les règles précédentes pour mon salut et ma quiétude éternelle, je ferai mon élection et mon offrande à Dieu notre Seigneur, conformément au sixième point de la première manière de faire élection.

 

 

190 LE PREMIER JOUR

LA PREMIÈRE CONTEMPLATION

à minuit

COMMENT LE CHRIST NOTRE SEIGNEUR ALLA DE BÉTHANIE VERS JÉRUSALEM

JUSQU’A LA CÈNE INCLUSIVEMENT (289)

Elle comprend la prière préparatoire, trois préambules, six points et un colloque

 

La prière préparatoire habituelle.

191 - Le premier préambule est se rappeler l’histoire. C’est, ici, comment, de Béthanie, le Christ notre Seigneur envoya deux disciples à Jérusalem pour préparer la Cène et comment, ensuite, il y alla lui-même avec les autres disciples -, comment, après avoir mangé l’agneau pascal et achevé la Cène, il leur lava les pieds ; comment il donna son très saint corps et son précieux sang à ses disciples, et leur fit un discours après que judas fut allé pour vendre son Seigneur. 

192 - Le deuxième préambule. Faire une composition en voyant le lieu. Ce sera, ici, considérer le chemin de Béthanie à Jérusalem : voir s’il est large, s’il est étroit, s’il est plat, etc. De même pour le lieu de la Cène, voir s’il est grand, s’il est petit, s’il se présente de telle ou telle manière.      

193 - Le troisième Préambule. Demander ce que je veux. Ce sera, ici, douleur, peine et confusion, parce que c’est pour mes péchés que le Seigneur va à la Passion.

 

194 Le premier point est de voir les personnes de la Cène et, réfléchissant en moi-même, chercher à en tirer’ quelque profit.

Le deuxième point.  Entendre ce qu’elles disent et, de même, en tirer quelque profit.

Le troisième point. Regarder ce qu’elles font et tirer quelque profit.   

195 - Le quatrième point. Considérer ce que le Christ notre Seigneur souffre en son humanité ou veut souffrir, selon la scène de la Passion que je contemple. Ici, commencer avec beaucoup de force m’efforcer de m’affliger, de m’attrister et de pleurer et travailler ainsi au cours des autres Points qui suivent.

196 - Le cinquième Point. Considérer comment la divinité se cache, c’est-à-dire comment elle pourrait détruire ses ennemis et ne le fait pas, et comment elle laisse souffrir la très sainte humanité si cruellement.

197 Le sixième point. Considérer comment il souffre tout cela pour mes péchés, etc., et ce que, moi, je dois faire et souffrir pour lui.

 

198 Le colloque. Terminer avec un colloque au Christ notre Seigneur et, à la fin, avec un Pater noster.

 

199 Remarque. Il faut observer, comme cela a été expliqué en partie précédemment, que dans les colloques nous devons parler et adresser nos demandes en fonction de la matière proposée ; c’est-à-dire selon que je me trouve tenté ou consolé, selon que je désire avoir telle vertu ou telle autre, selon que je veux disposer de moi pour tel parti ou pour tel autre, selon que je veux m’affliger ou me réjouir de la chose que je contemple ; enfin, demander ce que je désire plus fortement concernant certaines choses particulières. De cette manière on peut faire un seul colloque au Christ notre Seigneur, ou bien, si la matière ou la dévotion nous y poussent, on peut faire trois colloques : un à la Mère, un autre au Fils, un autre au Père, ‘. selon la même manière de faire déjà indiquée en deuxième Semaine, dans la méditation des Trois Hommes avec la remarque qui y fait suite.

 

200 LA SECONDE CONTEMPLATION

au matin

SERA DE LA CÈNE JUSQU’AU JARDIN INCLUSIVEMENT

 

La Prière préparatoire habituelle,

201 Le Premier Préambule est l’histoire. Ce sera, ici, comment le Christ notre Seigneur descendit, avec ses disciples, du Mont Sion où il avait fait la Cène, vers la vallée de Josaphat, en en laissant huit dans une partie. De la vallée et les trois autres dans une partie du Jardin ; comment, se Mettant en prière, il sue une sueur semblable à des gouttes de Sang ; comment, après qu’il eut prié trois fois le Père, qu’il eut réveillé ses trois disciples, qu’à sa voix ses ennemis tombèrent, que judas lui donna le baiser de paix et que saint Pierre coupa l’oreille de Malchus - le Christ la remettant à sa place -, il fut arrêté comme un malfaiteur et emmené, descendant la vallée et remontant ensuite la pente, vers la maison d’Anne. 

202 Le deuxième Préambule est de voir le lieu. Ce sera, ici, voir le chemin du Mont Sion à la vallée de Josaphat ; et pareillement, le jardin : s’il est large, s’il est long, s’il se présente de telle ou telle manière. 

203 Le troisième préambule est de demander ce que je veux. Ce qu’il est propre de demander dans la Passion c’est la douleur avec le Christ douloureux, l’accablement avec le Christ accablé, les larmes, la peine intérieure pour la peine si grande que le Christ a endurée pour moi.

 

204 Première remarque.  Dans cette seconde contemplation, après avoir fait la prière préparatoire et les trois préambules déjà mentionnés, on gardera, pour les points et le colloque, la même manière de procéder que l’on avait dans la première contemplation, celle de la Cène. A l’heure de la messe et des vêpres, on fera deux répétitions sur la première et la seconde contemplation.  Ensuite, avant le repas du soir, on appliquera les sens sur les deux contemplations précédemment mentionnées, en commençant toujours par la prière préparatoire avec les trois préambules selon la matière proposée selon la même forme que celle indiquée et expliquée dans la deuxième Semaine

 

205 Deuxième remarque.  Dans la mesure où son âge, ses forces et son tempérament le lui permettront, celui qui s’exerce fera chaque jour les cinq exercices ou en fera moins.

 

206 Troisième remarque. Pendant cette troisième Semaine, on modifiera en partie la deuxième et la sixième addition.

 

La deuxième addition sera : tout de Suite après m’être réveillé, me représenter où je vais et pour quoi faire, repasser un peu la contemplation que je veux faire Selon le Mystère dont il s’agit- Je m’efforcerai, pendant que je me lève et m’habille, de m’attrister et de m’affliger pour la si grande douleur et la si grande souffrance du Christ notre Seigneur. 

La sixième addition sera modifiée ainsi ne pas chercher à faire naître en moi des pensées joyeuses, même bonnes et saintes, comme sont par exemple celles de la résurrection et de la gloire, mais plutôt m’inciter moi-même à la douleur, à la peine et à l’accablement, me remettant fréquemment en mémoire les peines, les angoisses et les douleurs que le Christ notre Seigneur a endurées depuis l’instant où il est né jusqu’au mystère de la Passion où je me trouve actuellement.

 

207 Quatrième remarque. L’examen particulier sur les exercices et les présentes additions se fera comme on l’a fait pendant la Semaine précédente.

21 mars 2022

287 LE DIMANCHE DES RAMEAUX

Matthieu ; chapitre 21, 1-17

 

Premier.  Le Seigneur envoie chercher l'ânesse et l'ânon, disant « Détachez-les et amenez-les-moi ; et si quelqu'un vous dit quelque chose, dites que le Seigneur en a besoin, et qu'ensuite il les laissera. 

Deuxième.  Il monta sur l'ânesse, recouverte des vêtements des Apôtres.

Troisième. Les gens sortent pour le recevoir en étendant sur le chemin leurs vêtements et les branches des arbres, en disant : « Sauve-nous, Fils de David !  Béni soit celui qui vient au-nom du Seigneur !  Sauve-nous, au plus haut des cieux ! »

 

 

189 POUR AMENDER ET RÉFORMER SA PROPRE VIE ET SON ÉTAT

 

Il faut observer ce qui suit à propos de ceux qui sont établis dans une Prélature ecclésiastique ou dans le mariage, qu’ils aient des biens temporels en abondance ou non : quand ils n’ont pas de raison, ou de volonté qui soit très disposée, pour faire élection sur des choses qui relèvent d’une élection révocable, il est très profitable, au lieu d’une élection, de leur donner une façon et manière de faire pour amender et réformer la vie et l’état propre à chacun ; et cela, en soumettant son être de créature, sa vie et son état à la gloire et à la louange de Dieu notre Seigneur et au salut de son âme.

Pour aller vers cette fin et y parvenir, on doit bien considérer et ruminer, au cours des exercices et des manières de faire élection, selon ce qui a été expliqué, quel train de maison et domesticité on doit avoir, comment on doit la diriger et la gouverner, comment on doit l’enseigner par la parole et par l’exemple ; et de même, pour les ressources, combien on doit prendre pour sa domesticité et le train de sa maison, et combien pour distribuer aux pauvres ou à d’autres bonnes œuvres. 

 

On ne voudra ni ne cherchera rien d’autre, en tout et pour tout, qu’une plus grande louange et gloire de Dieu notre Seigneur ; car chacun doit penser qu’il progressera d’autant plus en toutes choses spirituelles qu’il sortira de son amour, de son vouloir et de ses intérêts propres.

 

175 TROIS TEMPS POUR FAIRE EN CHACUN D’EUX

UNE SAINE ET BONNE ÉLECTION

 

Le premier temps est quand Dieu notre Seigneur meut et attire la volonté de telle façon que, sans douter ni pouvoir douter, l’âme fidèle suit ce qui lui est indiqué ; c’est ce que firent par exemple saint Paul et saint Matthieu, en suivant le Christ notre Seigneur.

176 Le deuxième temps : quand on reçoit suffisamment de lumière et de connaissance par l’expérience des consolations et des désolations, et par l’expérience du discernement des divers esprits.

177 Le troisième temps est tranquille : considérant d’abord pourquoi l’homme est né, c’est-à-dire pour louer Dieu notre Seigneur et sauver son âme, et désirant cela, on choisit, comme moyen, une vie ou un état qui se situe à l’intérieur de l’Église, afin d’y trouver une aide pour le service de son Seigneur et le salut de son âme. 

J’ai dit un temps tranquille : quand l’âme n’est pas agitée par divers esprits et use de ses facultés naturelles, librement et tranquillement.

 

178 Si l’élection ne se fait pas dans le premier ou le deuxième temps, on suivra pour ce troisième temps, deux manières pour la faire.

18 mars 2022

Des trois degrés d'humilité

165 Le premier degré d'humilité est nécessaire pour le salut éternel. Il consiste à m'abaisser et à m'humilier autant qu'il me sera possible et qu'il est nécessaire pour obéir en tout à la loi de Dieu, notre Seigneur : de sorte que, quand on m'offrirait le domaine de l'univers, quand on me menacerait de m'ôter la vie, je ne mette pas même en délibération la possibilité de transgresser un commandement de Dieu ou des hommes, qui m'oblige sous peine de péché mortel. 

166 Le second degré d'humilité est plus parfait que le premier. Il consiste à me trouver dans une entière indifférence de volonté et d'affection entre les richesses et la pauvreté, les honneurs et les mépris, le désir d'une longue vie ou d'une vie courte, pourvu qu'il en revienne à Dieu une gloire égale et un égal avantage au salut de mon âme. De plus, quand il s'agirait de gagner le monde entier, ou de sauver ma propre vie, je ne balancerais pas à rejeter toute pensée de commettre à cette fin un seul péché véniel. 

167 Le troisième degré d'humilité est très parfait. Il comprend les deux premiers, et veut de plus, supposé que la louange et la gloire de la Majesté divine soient égales, que, pour imiter plus parfaitement Jésus-Christ, notre Seigneur, et me rendre de fait plus semblable à lui, je préfère, j'embrasse la pauvreté avec Jésus-Christ pauvre, plutôt que les richesses; les opprobres avec Jésus-Christ rassasié d'opprobres, plutôt que les honneurs; le désir d'être regardé comme un homme inutile et insensé, par amour pour Jésus-Christ, qui le premier a été regardé comme tel, plutôt que de passer pour un homme sage et prudent aux yeux du monde. 

168 Il sera donc très utile, pour celui qui désire obtenir ce troisième degré d'humilité, de faire les trois colloques de la méditation des trois classes, demandant à Notre-Seigneur qu'il veuille l'appeler à cette vertu dans un degré plus élevé et plus précieux que les deux premiers, afin de l'imiter et de le servir plus parfaitement, pourvu que le service et la louange de sa divine Majesté s'y trouvent également, ou davantage.

 

 

MÉDITATION SUR DEUX ÉTENDARDS L’UN, CELUI DU CHRIST,

NOTRE SOUVERAIN CAPITAINE ET SEIGNEUR ; 

L’AUTRE CELUI DE LUCIFER, MORTEL ENNEMI 

DE NOTRE NATURE HUMAINE

 

La prière préparatoire habituelle.

137 Le premier préambule est l’histoire. Ce sera, ici, comment le Christ appelle et veut tous les hommes sous son étendard ; et, à l’opposé, Lucifer sous le sien.

138 Le deuxième préambule.  Une composition en voyant le lieu. Ce sera, ici, voir un vaste camp dans toute cette région de Jérusalem où le souverain capitaine général des bons est le Christ notre Seigneur ; et un autre camp, dans la région de Babylone, où le chef des ennemis est Lucifer.

 

139 Le troisième préambule. Demander ce que je veux. Ce sera ici, demander la connaissance des tromperies du mauvais chef et l’aide pour m’en garder, ainsi que la connaissance de la vraie vie qu’enseigne le souverain et vrai capitaine, et la grâce pour l’imiter.

 

140 Le premier point est d’imaginer le chef de tous les ennemis comme si, dans ce vaste camp de Babylone, il était assis comme dans une grande chaire de feu et de fumée, d’un aspect horrible et terrifiant.

 

141 Le deuxième Point.  Considère comment il fait appel à d’innombrables démons et comment il les répand, les uns dans telle ville, les autres dans telle autre, et ainsi dans le monde entier, sans omettre ni province, ni lieu, ni état, ni aucune personne en particulier.

 

142 Le troisième point.  Considérer le discours qu’il leur adresse et comment il leur enjoint de lancer filets et chaînes ; qu’ils doivent d’abord tenter par la convoitise des richesses comme cela arrive le plus souvent, pour que les hommes en viennent plus facilement à l’honneur vain du monde et, ensuite, à un immense orgueil. 

De sorte que le premier échelon soit celui des richesses, le deuxième celui de l’honneur, le troisième celui de l’orgueil, et à partir de ces trois échelons, il conduit à tous les autres vices.

 

143 Ainsi, à l’inverse, il faut imaginer le souverain et vrai capitaine, qui est le Christ notre Seigneur.

 

144 Le premier point est de considérer comment le Christ notre Seigneur se tient dans un vaste camp de cette région de Jérusalem, en un lieu humble, beau et gracieux. 

 

145 Le deuxième point. Considérer comment le Seigneur du monde entier choisit un si grand nombre de personnes, apôtres, disciples, etc., et les envoie dans le monde entier répandre sa sainte doctrine parmi les hommes de tout état et de toute condition.

 

146 Le troisième point.  Considérer le discours que le Christ notre Seigneur adresse à tous ses serviteurs et à tous ses amis qu’il envoie à cette expédition, leur recommandant de vouloir aider tous les hommes en les amenant premièrement à la plus grande pauvreté spirituelle, ‘ et non moins, si sa divine Majesté en était servie et voulait bien les y choisir, à la pauvreté effective ; deuxièmement, au désir des opprobres et des mépris, parce que de ces deux choses résulte l’humilité.

De sorte qu’il y ait trois échelons : le premier, la pauvreté à l’opposé de la richesse ; le deuxième, l’opprobre ou le mépris à l’opposé de l’honneur mondain ; le troisième, l’humilité à l’opposé de l’orgueil.  Et à partir de ces trois échelons, qu’ils les conduisent à toutes les autres vertus.

 

147 Un colloque à Notre Dame afin qu’elle m’obtienne de son Fils et Seigneur la grâce d’être reçu sous son étendard :

- premièrement, dans la plus grande pauvreté spirituelle et, si sa divine Majesté devait en être servie et voulait me, choisir et recevoir, non moins, dans la pauvreté effective ;

- secondement, en endurant opprobres et outrages afin de l’imiter par là davantage, pourvu que je puisse les endurer sans qu’il y ait péché de personne, ni déplaît de sa divine Majesté.  Après cela, un Ave Maria.

 

Le deuxième colloque : demander la même chose au Fils, pour qu’il me l’obtienne du Père.  Et après cela, l’Anima Christi.

 

Le troisième colloque demander la même chose au Père, pour qu’il me l’accorde.  Dire un Pater noster.

et aussi, au choix : 

280 COMMENT LE CHRIST MARCHAIT SUR LA MER

selon ce qu'écrit saint Matthieu au chapitre 14, 22-33

 

Premier.  Tandis que le Christ notre Seigneur était sur la montagne, il fit en sorte que ses disciples s'en aillent vers la barque ; et, après avoir renvoyé la foule, il commença à prier, seul.

Deuxième.  La barque était battue par les flots ; le Christ vient vers elle en marchant sur l'eau, et les disciples pensaient que c'était un fantôme.

Troisième.  Le Christ leur dit « C'est moi, ne craignez pas. » Saint Pierre, sur son commandement, vint à lui en marchant sur l’eau ; pris de doute, il commença à s'enfoncera mais le Christ notre Seigneur le délivra et le reprit pour son manque de foi.  Ensuite, comme il montait dans la barque, le vent cessa.

 

 

281 COMMENT LES APÔTRES FURENT ENVOYÉS PRÊCHER

selon ce qu'écrit saint Matthieu, au chapitre 10, 1-42

 

Premier.  Le Christ appelle ses disciples bien-aimés et leur donne le pouvoir de chasser les démons du corps des hommes et de guérir toutes les maladies.

Deuxième.  Il leur -enseigne la prudence et la patience : « Voici que je vous envoie, vous, comme des brebis au milieu des loups ; c'est pourquoi, soyez prudents comme des serpents et simples comme des colombes. » 

Troisième.  Il leur indique la manière d'aller : « Ne possédez ni or, ni argent ; ce que vous avez reçu gratuitement, donnez-le gratuitement »; et il leur donna la matière sur laquelle prêcher : « En chemin vous prêcherez, disant : Voici que le Royaume de Dieu est tout proche. »

 

282 LA CONVERSION DE MADELEINE

selon ce qu’écrit saint Lac, au chapitre 7, 36-50

 

Premier.  Madeleine entre là où se trouve le Christ notre Seigneur, assis à table, dans la maison du pharisien ; elle apportait un vase d'albâtre plein de parfum.

Deuxième.  Se trouvant derrière le Seigneur, près de ses pieds, elle se mit à les baigner de larmes et elle les essuyait avec les cheveux de sa tête ; et elle baisait ses pieds et elle les oignait de parfum.

Troisième. Comme le pharisien accusait Madeleine, le Christ prend la parole pour la défendre, en disant : « De nombreux péchés lui sont pardonné parce qu’elle a beaucoup aimé ; et il dit à la femme Ta foi t'a sauvée, va en paix.»

 

 

 

283 COMMENT LE CHRIST NOTRE SEIGNEUR DONNA A MANGER A CINQ MILLE HOMMES

selon ce qu’écrit saint Matthieu, au chapitre 14, 13-21

 

Premier.  Comme il se faisait déjà tard, les disciples demandent au Christ' de renvoyer la multitude de ceux qui étaient avec lui.

Deuxième. Le Christ notre Seigneur leur ordonna de lui apporter les pains et ordonna que les gens s'assoient à table : et il bénit les pains, les partagea, les donna à ses disciples, et les disciples à la multitude.

Troisième. « Ils mangèrent et se rassasièrent ; et il resta douze paniers. »

 

 

 

 

 

 

 

 

284 LA TRANSFIGURATION DU CHRIST

selon ce qu'écrit saint Matthieu, au chapitre 17, 1-9

 

Premier.  Prenant en sa compagnie ses disciples bien-aimés, Pierre, Jacques et jean, le Christ notre Seigneur fut transfiguré et son visage resplendissait comme le soleil et ses vêtements comme la neige.

Deuxième.  Il parlait avec Moïse et Élie.

Troisième.  Tandis que saint Pierre parlait de faire trois tentes une voix du ciel retentit qui disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le.» Lorsque les disciples entendirent cette voix, pris de peur, ils tombèrent face contre terre.  Le Christ notre Seigneur les toucha, et leur dit : « Levez-vous et n'ayez pas peur ; ne parlez de cette vision à personne, jusqu'à ce que le Fils de l'homme ressuscite. »

 

285 LA RÉSURRECTION DE LAZARE

selon ce qu’écrit Saint Jean, chapitre 11, 1-45 

 

Premier.  Marthe et Marie font savoir au Christ notre Seigneur la maladie de Lazare.  Après l'avoir sue, il reste là pendant deux jours, pour que le miracle fût plus évident.

Deuxième. Avant de le ressusciter, il demande à l'une et à l'autre de croire, disant : «je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, fût-il mort, vivra. »

Troisième. Il le ite après avoir pleuré et prié, et quant à la manière de le ressusciter ce fut en ordonnant : « Lazare, viens dehors ! »

 

286 LE REPAS A BÉTHANIE

Matthieu, chapitre 26, 6-10

 

Premier. Le Seigneur prend le repas du soir dans la maison de Simon le lépreux, en compagnie de Lazare

Deuxième. Marie répand le parfum sur la tête du Christ.

Troisième. Judas murmure, disant « A quoi sert ce gaspillage de parfum ? » Mais lui, il défend une nouvelle fois Madeleine, disant : « Pourquoi-vous cette -femme ? Car elle a fait, une bonne œuvre envers moi. »

 

 

Et bien sûr la Samaritaine …

 

 

 

17 mars 2022

 

169 PRÉAMBULE POUR FAIRE ÉLECTION

 

En toute bonne élection, pour ce qui dépend de nous, l’œil de notre intention doit être simple, regardant uniquement ce pour quoi je suis créé : pour la louange de Dieu notre Seigneur et le salut de mon âme. Ainsi, quelle que soit la chose que je choisisse, elle doit être de nature à m’aider en vue de la fin pour laquelle je suis créé, sans ordonner ni soumettre la fin au moyen, mais le moyen à la fin. Il arrive, par exemple, que beaucoup choisissent en premier lieu de se marier, ce qui est un moyen, et en second lieu de servir Dieu notre Seigneur dans le mariage, alors que servir Dieu est la fin ; de même, il en est d’autres qui veulent d’abord avoir des bénéfices et, ensuite, y servir Dieu.  De la sorte ceux-là ne vont pas droit à Dieu, mais veulent que Dieu vienne droit à leurs attachements désordonnés ; par conséquent, ils font de la fin un moyen et du moyen une fin, de sorte que ce qu’ils devaient mettre en premier, ils le mettent en dernier.

Car nous devons nous proposer en premier lieu, comme objectif, de vouloir servir Dieu, ce qui est la fin, et en second lieu de prendre un bénéfice ou de me marier, si cela est préférable pour moi, ce qui est le moyen en vue de la fin. Ainsi rien ne doit me pousser à prendre de tels moyens ou à m’en priver, si ce n’est uniquement le service et la louange de Dieu notre Seigneur et le salut éternel de mon âme.

 

170 [AVIS POUR PRENDRE CONNAISSANCE

DES CHOSES SUR LESQUELLES ON DOIT FAIRE ÉLECTION]

Elle comprend quatre points et une remarque.

 

Le premier point.  Il est nécessaire que toutes les choses sur lesquelles nous voulons faire élection soient en elles-mêmes indifférentes ou bonnes, et qu’elles servent notre sainte Mère l’Église hiérarchique et ne soient ni mauvaises ni en opposition avec elle.

 

171 Le deuxième point.  Il y a des choses qui relèvent d’une élection irrévocable, comme par exemple le sacerdoce, le mariage, etc. ; il y en a d’autres qui relèvent d’une élection révocable, comme par exemple prendre des bénéfices ou les laisser, prendre des biens temporels ou les rejeter.

 

172 Le troisième point.  Dans l’élection irrévocable, puisque l’élection a déjà été faite une fois, il n’y a plus à choisir, puisqu’on ne peut se délier, comme dans le cas du mariage, du sacerdoce, etc.  Il faut seulement voir, dans le cas où l’élection n’a pas été faite comme il se doit et de façon ordonnée, sans attachements désordonnés, que s’en repentant, on fasse en sorte de mener une vie bonne dans l’élection qu’on a faite.

 

Une telle élection ne paraît pas être une vocation divine, car c’est une élection désordonnée et oblique ; beaucoup de gens se trompent en cela, faisant d’une élection oblique ou mauvaise, une vocation divine, puisque toute vocation divine est toujours pure et nette, sans qu’il ne s’y mêle rien qui vienne de la chair ni de quelque autre attachement désordonné.

 

173 Le quatrième point.  Si quelqu’un a fait une élection comme il se doit et de façon ordonnée sur des choses qui relèvent d’une élection révocable, sans que ne s’y mêlent ni la chair ni le monde, il n’y a pas de raison de faire à nouveau élection, mais de se perfectionner en celle-ci autant qu’on le pourra.

 

174 Remarque. Il faut observer que, si cette élection révocable n’a pas été faite de façon sincère et bien ordonnée, il est alors profitable de faire l’élection comme il se doit, pour qui aurait le désir que naissent de lui des fruits notables et très agréables à Dieu notre Seigneur.

 

278 LE SERMON QUE FIT LE CHRIST SUR LA MONTAGNE

selon ce qu'écrit saint Matthieu, au chapitre 5, 1-48

 

Premier.  A ses disciples bien-aimés il parle, à part, des huit béatitudes : « Bienheureux les pauvres en esprit ; les doux ; les miséricordieux ; ceux qui pleurent ; ceux qui endurent la faim et la soif pour la justice ; ceux qui sont purs de cœur ; les pacifiques et ceux qui souffrent persécution. »

Deuxième. Il les exhorte à faire bon usage de leurs talents - « Ainsi, que votre lumière brille devant les hommes afin qu'ils voient vos bonnes actions et glorifient -votre Père qui est dans les cieux. »

Troisième.  Il ne se présente pas comme transgresseur de la Loi, mais comme celui qui l’accomplit ; lorsqu'il explique le commandement de ne pas tuer, de ne pas forniquer, de ne pas faire de faux serments et d'aimer ses ennemis : « Moi je vous dis, à vous d'aimer vos ennemis et de faire du bien à ceux qui vous haïssent. »

 

279 COMMENT LE CHRIST NOTRE SEIGNEUR FIT SE CALMER

LA TEMPÊTE DE LA MER

selon ce qu’écrit saint Matthieu, chapitre 8, 23-2

 

Premier.  Tandis que le Christ notre Seigneur était en train de dormir, il se fit une grande tempête sur la mer.

Deuxième.  Ses disciples effrayés le réveillèrent ; il les reprend pour le peu de foi qu'ils avaient, leur disant : « Que craignez-vous, gens de peu de foi ? »

Troisième.  Il commanda aux vents et à la mer de s'arrêter.  S'arrêtant donc, la mer se fit tranquille, ce dont les hommes s'émerveillèrent en disant « Quel est Celui-là, à qui le vent et la mer obéissent ?»

16 mars 2022

275 L'APPEL DES APÔTRES

 

Premier.  C'est par trois fois, semble-t-il, que saint Pierre et saint André sont appelés.

Premièrement, à une certaine connaissance : cela ressort de saint jean, au chapitre premier.

Deuxièmement, à suivre en quelque manière le Christ, avec l'intention de reprendre possession de Ce qu'ils avaient laissé, comme le dit saint Luc au chapitre cinquième.

Troisièmement, à suivre pour toujours le Christ notre Seigneur : saint Matthieu au chapitre quatrième et saint Marc au chapitre premier.

 

Deuxième.  Il appela Philippe, comme il est indiqué au premier chapitre de saint Jean, et Matthieu comme le dit Matthieu lui-même au chapitre neuvième.

 

Troisième.  Il appela les autres Apôtres dont la vocation particulière n'est pas mentionnée dans J'Évangile.

 

Trois autres choses doivent aussi être considérées. 

La première : combien les Apôtres étaient de fruste et basse condition.

La deuxième : la dignité à laquelle ils furent si suavement appelés.

La troisième : les dons et grâces par lesquels ils furent élevés au-dessus de tous les Pères du        Nouveau et de l'Ancien Testament.

328 RÈGLES

VISANT AU MÊME EFFET

AVEC UN PLUS  GRAND DISCERNEMENT DES ESPRITS

Elles conviennent davantage à la deuxième Semaine.

 

329 La première règle. Le propre de Dieu et de ses anges est de donner, dans leurs motions, une véritable allégresse et joie spirituelle, en écartant toute tristesse et trouble que suscite l'ennemi. Le propre de celui-ci est de lutter contre cette allégresse et cette consolation spirituelle, en présentant des raisons apparentes, des subtilités et de continuels sophismes.

 

330 La deuxième règle. Il appartient à Dieu notre Seigneur, seul, de donner à l'âme une consolation sans cause précédente ; car c'est le propre du Créateur d'entrer, de sortir, de produire en elle une motion, l'amenant   tout   entière   à   l'amour   de  sa  divine Majesté. Je dis : sans cause, c'est-à-dire sans qu'il y ait de sentiment préalable ou de connaissance de quelque objet par lequel pourrait venir cette conso

 

331 La troisième règle. Avec une cause, le bon ange aussi bien que le mauvais peuvent consoler l'âme, mais à des fins contraires : le bon ange pour le profit de l'âme, afin qu'elle croisse et s' élève du bien vers le mieux ; et le mauvais ange, pour le contraire, et afin de l'attirer à l'avenir vers son intention de nuire et sa malice.

 

332 La quatrième règle. Le propre de l'ange mauvais, qui se transforme en 'ange de lumière', est d'entrer dans les vues de l'âme fidèle et de sortir avec les siennes, c'est-à-dire en présentant des pensées bonnes et saintes, en accord avec cette âme juste, et ensuite, d'essayer peu à peu de faire aboutir les siennes en attirant l'âme vers ses tromperies dissi­ mulées et ses intentions perverses.

 

333 La cinquième règle. Nous devons être très attentifs au déroulement des pensées. Si le commencement, le milieu et la fin sont entièrement bons et orientés vers le bien, c'est le signe du bon ange. Mais si le déroulement des pensées qu'il présente aboutit à quelque chose de mauvais, ou qui détourne du bien, ou qui est moins bon que ce que l'âme s'était auparavant proposé de faire, ou s'il affaiblit ou inquiète ou trouble l'âme en lui enlevant sa paix, sa tranquillité et la quiétude qu'elle avait auparavant, c'est  un signe clair que cela vient du mauvais esprit, ennemi de notre progrès et de notre salut éternel.

 

334 La sixième règle. Quand l'ennemi de la nature humaine aura été senti et reconnu à sa queue de serpent et à la fin mauvaise vers laquelle il conduit, il est profitable, pour celui qui a été tenté par lui, de regarder ensuite le déroulement des pensées bonnes qu'il lui a présentées et leur commencement, et comment, peu à peu, il a essayé de le faire descendre de la suavité et de la joie spirituelle où il était, jusqu'à l'attirer vers son intention dépravée. Ainsi, par cette expérience connue et notée, on se gardera à l'avenir de ses tromperies habituelles.

 

335 La septième règle. Chez ceux qui vont de bien en mieux, le bon ange touche l'âme doucement, légèrement et suavement, comme une goutte d'eau qui entre dans une éponge ; et le mauvais la touche de façon  aiguë,  avec  bruit et agitation,  comme lorsque la goutte d'eau tombe sur la pierre. Chez ceux qui vont de mal en pis, ces mêmes esprits les touchent d'une manière opposée. La cause en est que la disposition de l'âme est opposée ou semblable à ces anges. Car, lorsqu'elle leur est opposée, ils entrent bruyamment et sensiblement, de façon perceptible. Mais quand elle est semblable, ils entrent silencieusement, comme dans leur propre maison, pones ouvenes.

 

336 La huitième règle. Quand la consolation est sans cause il n'y a pas de tromperie en elle, puisque, comme on l'a dit, elle est de Dieu notre Seigaeur seul. Cependant la personne spirituelle à qui Dieu donne cette consolation doit regarder et distinguer avec beaucoup de vigilance et d'attention le temps même où cette réelle consolation était présente ' de celui qui suit, où l'âme reste toute brûlante et favorisée du bienfait reçu et des suites de la consolation précédente. Souvent, en effet, dans ce second temps, soit par son propre raisonnement à panir de liaisons et déductions nées de nos idées et jugements, soit du fait du bon esprit ou du mauvais, nous concevons divers projets et diverses opinions qui ne sont pas donnés immédiatement par Dieu notre Seigneur. C'est pourquoi il est nécessaire de les examiner très attentivement avant de leur accorder entier crédit et de les mettre à exécution.

 

       276 LE PREMIER MIRACLE FAIT AUX NOCES DE CANA DE GALILEE

                               selon ce qu’écrit saint jean, chapitre 2, 1-11

 

Premier. Le Christ notre Seigneur fut invité aux noces avec ses disciples.

Deuxième. La Mère signale au Fils le manque de vin, disant : « Ils n'ont pas de vin »; et elle ordonna aux serviteurs : « Faites tout ce qu'il vous dira. »

Troisième. « Il changea l'eau en vin et manifesta sa gloire ; et ses disciples crurent en lui. »

15 mars 2022

273 COMMENT LE CHRIST FUT BAPTISE

selon ce qu’écrit saint Matthieu, au chapitre 3, 13-17

 

Premier.  Le Christ notre Seigneur, après avoir pris congé de sa Mère bénie, vint de Nazareth au fleuve du Jourdain, où se trouvait saint jean Baptiste.

Deuxième.  Saint jean baptisa; le Christ notre Seigneur.  Comme il voulait se récuser, s'estimant indigne de le baptiser, le Christ lui dit : « Fais cela pour le moment, parce qu'il est nécessaire que nous accomplissions ainsi toute justice. »

Troisième. « Vint l'Esprit Saint, et, du ciel, la voix du Père qui déclarait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé dont je suis très satisfait. »

 

274 COMMENT LE CHRIST FUT TENTE

selon ce qu'écrivent saint Luc, au cibapitre 4, 1- et Matti)ieu, au chapitre 4, 1-11

 

Premier.  Après'avoir été baptisé, il alla au désert où il jeûna quarante jours et quarante nuits. 

Deuxième.  Il fut tenté trois fois par l'ennemi, approchant de lui, le tentateur lui dit ;- Si tu es le Fils de Dieu, dis que'ces pierres se changent en pain. jette-toi, d'ici, enbas.  Tout ce que tu vois, je te le donnerai si, prostémé à terre, tu rn'adores. »

Troisième. « Les anges vinrent et ils le servaient. »

 

313 RÈGLES POUR SENTIR ET RECONNAÎTRE EN QUELQUE MANIÈRE, 

 

 

LES DIVERSES MOTIONS QUI SE PRODUISENT DANS L'ÂME. 

LES BONNES POUR LES RECEVOIR ET LES MAUVAISES POUR LES REJETER

 

Ces règles sont davantage propres à la première semaine.

  

314 La première règle. Chez ceux qui vont de péché mortel en péché mortel, l'ennemi, en général, a coutume de leur proposer des  plaisirs apparents  : il leur fait imaginer des jouissances et des plaisirs des sens, pour mieux les conserver et les faire  croître dans leurs vices et leurs péchés. Chez ceux­ là, le bon esprit utilise une manière de faire inverse : il les aiguillonne et mord leur conscience par le sens moral de la raison.

 

315 La deuxième règle. Chez ceux qui se purifient intensément de leurs péchés et qui, dans le service de Dieu notre Seigneur, s'élèvent du bien vers le mieux, c'est la manière de faire inverse de celle de la première règle. Car, alors, le propre du mauvais esprit est de mordre, d'attrister et de mettre des obstacles, en inquiétant par de fausses raisons pour qu'on n'aille pas plus loin. Et  le propre du bon esprit est de donner courage et forces, consolations, larmes, inspirations et quiétude, en rendant les choses faciles et en écartant tous les obstacles, pour qu'on aille plus avant dans la pratique du bien. 

 

316 La troisième règle. De la consolation spirituelle j’appelle consolation quand se produit dans l'âme quelque motion intérieure par laquelle l'âme en vient à s'enflammer dans l'amour pour son Créateur et Seigneur, et ensuite quand elle ne peut plus aimer aucune chose créée sur la face de la terre pour elle-même, mais seulement dans le Créateur de toutes ces choses.

De même, quand elle verse des larmes qui portent à l'amour de son Seigneur, soit à cause de la douleur ressentie pour ses péchés ou pour la Passion du Christ notre Seigneur, soit pour d'autres choses droitement ordonnées à son service et à sa louange.

Enfin, j'appelle consolation tout accroissement d'espérance, de foi et de charité, et toute allégresse intérieure qui appelle et attire aux choses célestes et au salut propre de l'âme, l'apaisant et la pacifiant en son Créateur et Seigneur.

 

317 La quatrième règle. De la désolation spirituelle. J'appelle   désolation   tout   le   contraire   de   la troisième règle, comme par exemple, obscurité de l'âme, trouble en elle, motion vers les choses basses et terrestres, absence de paix venant de diverses  agitations et tentations qui poussent à un manque de confiance; sans espérance, sans amour, l'âme se trouvant toute paresseuse, tiède, triste et comme séparée de son Créateur et  Seigneur. Car de même que la consolation  est contraire à la désolation, de même les pensées qui proviennent de la consolation sont contraires aux pensées qui proviennent de la désolation.

 

318 La cinquième règle. Au temps  de la désolation ne jamais faire de changement, mais être ferme et constant dans les résolutions et dans la décision où l'on était le jour qui a précédé cette désolation, ou dans la décision où l'on était lors de la consolation précédente. Car, de même que dans la consolation c'est davantage le bon esprit qui nous guide et nous conseille, de même dans ia désolation c'est le mauvais : avec ses conseils, nous ne pouvons prendre le chemin pour réussir.

 

319 La sixième règle. Bien que dans la désolation nous ne devions pas changer nos résolutions premières, il est très profitable de se changer vigoureusement soi-même face à cette désolation ; par exemple, en insistant davantage sur l'oraison et la méditation, en s'examinant avec soin et en donnant, d'une manière convenable, plus de place à la pénitence.

 

320 La septième règle. Celui qui se trouve dans la désolation considérera comment le Seigneur l'a laissé dans l'épreuve à ses facultés naturelles, afin qu'il résiste   aux diverses   agitations   et   tentations   de l'ennemi; car il le peut avec le secours divin qui lui reste toujours, même s'il ne le sent pas clairement. En effet, si le Seigneur lui a retiré sa grande ferveur, son immense amour et sa grâce intense, il lui reste « cependant » la grâce suffisante pour le salut éternel.

 

321 La huitième règle. Celui qui se trouve dans la désolation travaillera à demeurer dans la patience, qui est contraire aux vexations qui lui surviennent et il pensera qu'il sera vite consolé, s'il prend les moyens pour lutter contre cette désolation, comme cela a été dit dans la sixième règle.

 

322 La neuvième règle. Il y a trois causes principales pour lesquelles nous nous trouvons désolés.

La première, c'est que nous sommes tièdes, paresseux ou négligents dans nos exercices spirituels ; ainsi c'est à cause de nos fautes que la consolation spirituelle s'éloigne de nous.

la deuxième, pour nous faire éprouver ce que nous valons et jusqu'où nous avançons dans son service et sa louange sans un tel salaire de consolations et de grandes grâces.

La troisième, pour nous donner véritable savoir et connaissance, en sotte que nous sentions intérieurement, qu'il ne dépend pas de nous de faire naître ou de conserver une grande dévotion, un amour intense, des larmes, ni aucune autre conso­ lation spirituelle, mais que tout est don et grâce de  Dieu  notre  Seigneur ;  et  pour  que  nous  ne fassions pas notre nid chez autrui, élevant notre esprit en quelque orgueil ou vaine gloire, nous attribuant à nous-mêmes la dévotion ou les autres formes de consolation spirituelle.

 

323 La dixième règle. Celui qui se trouve dans la consolation pensera à la façon dont il se comportera dans la désolation qui viendra ensuite, prenant de nouvelles forces pour  ce moment-là.

 

324 La onzième règle. Celui qui est consolé cherchera à s'humilier et à s'abaisser autant qu'il le pourra, en pensant au peu dont il est capable dans le temps de la désolation, sans cette grâce ou consolation. A l'inverse, celui  qui se trouve dans la désolation pensera qu’il peut beaucoup avec la grâce suffisante pour résister à tous ses ennemis, en prenant des forces dans son Créateur et Seigneur.

 

325 La douzième règle. L'ennemi se comporte comme une femme : il est faible quand on use de la force et fort quand on le laisse faire. En effet, c'est le propre de la femme, quand  elle se querelle avec un homme, de perdre courage et de prendre la fuite quand l'homme lui tient tête résolument ; mais, à l'inverse, si l'homme commence à fuir en perdant courage, la colère, la vengeance et la férocité de la femme deviennent immenses et sans limites.

De la même manière, c'est le propre de l'ennemi de faiblir et de perdre courage, de fuir avec ses tentations, lorsque  celui qui s'exerce dans les choses spirituelles tient tête résolument aux tentations de l'ennemi, faisant diamétralement l'opposé. A l'inverse, si celui qui s'exerce commence à avoir peur et à perdre courage lorsqu'il subit des tentations, il n'y a pas sur la face de la terre  bête si féroce que l'ennemi de la nature humaine dans la pour­ suite de son intention de nuire avec si grande malice.

 

326 La treizième règle. Il se comporte également comme un amoureux frivole, voulant rester caché  et ne pas être découvert. En effet, lorsqu'un homme frivole, parlant avec une mauvaise intention, sollicite la fille d'un bon père ou l'épouse d'un bon mari, il veut que ses paroles et ses insinuations  restent cachées. Le contraire lui déplaît fort, quand la fille découvre à son père ou l'épouse à son mari ses paroles frivoles et son intention dépravée, car il en déduit aisément qu'il ne pourra réussir dans l'entreprise commencée.

De la même manière, quand 1'ennemi de la nature humaine présente à l'âme juste ses ruses et ses insinuations, il veut et désire qu'elles soient reçues et gardées secrètes. Mais quand celle-ci les découvre à son bon confesseur ou à une autre personne spirituelle qui connaît ses tromperies et ses mauvaises actions, il en est très dépité, car il en déduit qu'il ne pourra réussir dans la ruse qu'il a mise en œuvre, parce que ses tromperies évidentes sont découvertes.

 

327 La quatorzième règle. Il se comporte également comme un chef de guerre voulant vaincre et dérober ce qu'il désire. En effet, un capitaine et chef d'armée en campagne, après avoir établi son camp et examiné les points forts ou le dispositif d'un château, l'attaque par l'endroit le plus faible.

De la même manière, l'ennemi de la nature humaine fait sa ronde, examine tour à tour chacune de nos vertus théologales, cardinales et morales ; et c'est là où il nous trouve plus faibles et plus démunis pour notre salut éternel, qu'il nous attaque et essaie de nous prendre.

 

14 mars 2022

Contemplation de l’Incarnation

 

101 LE PREMIER JOUR LA PREMIÈRE CONTEMPLATION EST CELLE DE L’INCARNATION

Elle comprend la prière préparatoire, trois préambules, trois points et un colloque.

 

La prière préparatoire habituelle. 

102 Le premier préambule.  Me rappeler l’histoire de ce que j’ai à contempler ; c’est, ici, comment les trois Personnes divines regardaient toute l’étendue ou la circonférence du monde entier, pleine d’hommes, et comment, en voyant qu’ils descendaient tous en enfer, elles décident en leur éternité que la deuxième Personne se fasse homme pour sauver le genre humain. Et ainsi, quand la plénitude des temps fut venue, elles envoient l’ange saint Gabriel à Notre Dame (n°262).

 

103 Le deuxième préambule.  Une composition en voyant le lieu ; ce sera, ici, voir la grande extension et circonférence du monde où se trouvent des peuples si nombreux et si différents ; de même voir ensuite plus particulièrement la maison et les chambres de Notre Dame, dans la ville de Nazareth, dans la province de Galilée.

104 Le troisième préambule.  Demander ce que je veux : ce sera, ici, demander une connaissance intérieure du Seigneur qui pour moi s’est fait homme, afin que je l’aime et le suive davantage.

 

105 Remarque.  Il convient de remarquer, ici, que cette même prière préparatoire doit se faire, sans la modifier, telle qu’elle est indiquée au début ; et que ces trois mêmes préambules doivent se faire pendant cette Semaine et les autres qui suivront, en en modifiant la forme selon la matière proposée.

 

106 Le premier point est de voir les personnes, les unes et les autres.

- Premièrement, celles qui sont sur la face de la terre, si différentes, aussi bien par leurs vêtements que par leur visage : les uns blancs et les autres noirs, les uns en paix et les autres en guerre, les uns pleurant et les autres riant, les uns en bonne santé et les autres malades, les uns naissants et les autres mourant, etc.

- Deuxièmement : voir et considérer les trois Personnes divines, comme sur leur siège royal ou trône de leur divine Majesté ; comment elles regardent toute la face et la circonférence de la terre, et tous les peuples en si grand aveuglement, et comment ceux-ci meurent et descendent en enfer.

-                      Troisièmement : voir Notre Dame et l’ange qui la salue.

Et réfléchir afin de tirer profit de cette vue.

 

107 Le deuxième point.  Entendre de quoi parlent les personnes sur la face de la terre : comment elles parlent les unes avec les autres, comment elles jurent et blasphèment, etc.

De même, ce que disent les Personnes divines : « Faisons la rédemption du genre humain, etc. »

Et ensuite les paroles de l’ange et de Notre Dame.  

Et réfléchir ensuite afin de tirer profit de leurs paroles.

 

108 Le troisième point. Ensuite regarder ce que font les personnes sur la face de la terre : par exemple, frapper, tuer, aller en enfer, etc.

De même ce que font les Personnes divines : accomplir la très sainte Incarnation, etc.

Et de même ce que font l’ange et Notre Dame ; l’ange exerçant son office d’envoyé et Notre Dame s’humiliant et rendant grâces à la divine Majesté.

Et réfléchir ensuite afin de tirer quelque profit de chacune de ces choses.

 

109 Le colloque A la fin, faire un colloque en pensant à ce que je dois dire aux trois Personnes divines, ou au Verbe éternel incarné, ou à la Mère et Notre Dame, faisant, des demandes selon ce que l’on sentira en soi, afin de suivre et d’imiter davantage notre Seigneur, ainsi nouvellement incarné.

Dire un Notre Père.

 

110 LA DEUXIÈME CONTEMPLATION EST CELLE DE LA NATIVITÉ

 

La prière préparatoire habituelle.

111 Le premier préambule est l’histoire. Ce sera, ici, comment partirent de Nazareth Notre Dame enceinte de presque neuf mois, assise sur une ânesse comme on peut pieusement le méditer, Joseph, ainsi qu’une servante emmenant un bœuf, pour aller à Bethléem payer le tribut que César imposa à toutes ces régions (n°264).

112 Le deuxième préambule : une composition en voyant le lieu. Ce sera, ici, voir avec la vue de l’imagination le chemin de Nazareth à Bethléem, en considérant la longueur, la largeur de ce chemin, s’il est plat, s’il passe par des vallées ou s’il monte. De même regarder le lieu ou la grotte de la Nativité, si elle est grande ou petite, basse ou haute et comment elle était arrangée.

113 Le troisième Préambule sera le même et aura la même forme que dans la contemplation précédente.

 

114 Le premier point est de voir les personnes : voir Notre Dame, Joseph, la servante, et l’enfant Jésus après qu’il est né, me faisant, moi, comme un petit pauvre et un petit esclave indigne qui les regarde, les contemple et les sert dans leurs besoins comme si je me trouvais présent, avec tout le respect et la révérence possibles.  Et réfléchir, ensuite en moi-même afin de tirer quelque profit.

 

115 Le deuxième point. Regarder, observer et contempler ce qu’ils disent et, réfléchissant en moi-même, tirer quelque profit.

 

116 Le troisième point Regarder et considérer ce qu’ils font comme, par exemple, voyager et peiner pour que le Seigneur vienne à naître dans la plus grande pauvreté et qu’au terme de tant de peines, après la faim, la soif, la chaleur et le froid, les outrages et les affronts, il meure en croix ; et tout cela pour moi. Puis, réfléchissant, tirer quelque profit spirituel.

 

117 Le colloque. Terminer avec un colloque, comme dans la contemplation précédente, et par un Notre Père.

 11 mars 2022

Ignace propose une prière avec 3 colloques.

Méditation de nos péchés puis un colloque avec Notre Dame afin qu’elle m’obtienne la grâce de son Fils et Seigneur pour trois choses :

  • la première, que je sente une connaissance intérieure de mes péchés et une horreur de ceux-ci ;

  • la deuxième, que je sente le désordre de mes opérations afin que, les ayant en horreur, je m’amende et je m’ordonne ;

  • la troisième, demander la connaissance du monde, afin que, l’ayant en horreur, j’écarte de moi les choses mondaines et vaines.

Après quoi, un Ave Maria.

 

     Le deuxième colloque : la même chose, au Fils, pour qu’il m’obtienne cela du Père Après quoi, l’Anima Christi

 

Le troisième colloque : la même chose, au Père, pour que le Seigneur Éternel lui-même me l’accorde.

Après quoi, un Notre Père

Au cours du week end nous pouvons reprendre les méditations qui nous ont marquées ou approfondir tel ou tel point en faisant des répétitions. 

10 mars 2022

 

Ces additions 6 à 9 sont modifiables bien sûr suivant la méditation proposée et le "climat" dont on veut les entourer. Tout cela ne sert que la présence de Dieu dans notre prière. 

La première addition.  Après m’être couché, au moment où je veux m’endormir, penser, pendant le temps d’un Ave Maria, à l’heure à laquelle je dois me lever et pour quoi, en repassant l’exercice que j’ai à faire.

 

74 La deuxième addition.  Quand je me réveillerai, sans laisser place à telles ou telles pensées, être tout de suite attentif à ce que je vais contempler dans le premier exercice (…) 

C’est avec ces pensées ou avec d’autres, selon ‘la matière proposée’, que je m’habillerai.

 

75 La troisième addition.  A un ou deux pas de l’endroit où je dois contemples ou méditer, je me tiendrai debout, le temps d’un Pater noster, l’esprit tourné vers le haut, considérant comment Dieu notre Seigneur me regarde, etc. ; puis faire une révérence ou une génuflexion.

 

76 La quatrième addition.  Entrer, dans la contemplation tantôt à genoux, tantôt prosterné à terre, tantôt étendu le visage vers le haut, tantôt assis, tantôt debout, toujours à la recherche de ce que je veux.

Nous observerons deux choses.

- La première : si je trouve ce que je veux en étant à genoux, je n’irai pas plus loin ; et si c’est prosterné, de même, etc. 

- La seconde : c’est au point où je trouverai ce que je veux que je resterai en repos, sans me soucier d’aller plus loin, jusqu’à ce que j’en sois rassasié.

 

77 La cinquième addition.  Après avoir terminé l’exercice, pendant un quart d’heure, soit en étant assis ou en me promenant, je regarderai comment les choses se sont passées pour moi pendant la contemplation ou la méditation Si c’est mal, je regarderai la cause d’où cela provient et, l’ayant regardée, je m’en repentirai pour m’amender à l’avenir. Si c’est bien, je rendrai grâces à Dieu notre Seigneur et je ferai de même une autre fois.

 

78 La sixième addition.  Ne pas vouloir, penser à des choses qui donnent plaisir ou allégresse, comme la gloire, la résurrection, etc. ; car toute considération donnant joie et allégresse empêche de sentir la peine, la douleur et les larmes pour nos péchés ; mais avoir présent à l’esprit que je veux m’affliger et sentir de la peine, me remettant davantage en mémoire la mort et le jugement.

 

79 La septième addition.  Dans le même but, me priver de toute lumière, fermant fenêtres et portes, le temps que je serai dans la chambre ; à moins que ce ne soit pour dire l’office, lire et prendre les repas.

 

80 La huitième addition.  Ne pas rire, ne rien dire qui fasse rire.

 

81 La neuvième addition.  Tenir les yeux baissés, sauf pour accueillir la personne avec qui je parlerai ou pour prendre congé d’elle.

La prière d’aujourd’hui porte sur l’enfer. 

Catéchisme de l’Eglise Catholique §1033 – 1037

La prière préparatoire : qu’elle soit la même que d’habitude.

Le premier préambule. Une composition, qui est ici de voir avec la vue de l’imagination la longueur, la largeur et la profondeur de l’enfer.

Le second préambule. Demander ce que je veux : ce sera, ici, demander de sentir intérieurement la peine qu’endurent les damnés, afin que, si j’en venais à oublier l’amour du Seigneur Éternel à cause de mes fautes, du moins la crainte des peines m’aide à ne pas tomber dans le péché.

       

Le premier point sera de voir, avec la vue de l’imagination, les grandes flammes et les âmes comme dans des corps de feu.

Le deuxième point : entendre de mes oreilles les plaintes, les hurlements, les cris, les blasphèmes contre le Christ notre Seigneur et contre tous ses saints. 

 

Le troisième point : sentir, par l’odorat, la fumée, le soufre, la sentine et la pourriture.

 

Le quatrième point : goûter, par le goût, des choses amères, comme par exemple, les larmes, la tristesse et le ver de la conscience.

 

Le cinquième point : toucher par le tact, c’est-à-dire sentir comment les flammes touchent et embrasent les âmes.

 

Le colloque. Faisant un colloque au Christ notre Seigneur se remettre en mémoire les âmes qui sont en enfer ; les unes parce qu’elles ne crurent pas à sa venue, les autres qui, y croyant, n’ont pas agi selon ses commandements. Faire trois groupes :

-      le premier : avant sa venue ;

-      le deuxième durant sa vie ;

-      le troisième après sa vie en ce monde.

 

Après quoi, lui rendre grâces pour ne pas m’avoir laissé tomber dans aucun de ces groupes en mettant fin à ma vie et aussi de ce que, jusqu’à maintenant, il a toujours eu tant de compassion et de miséricorde pour moi. 

On terminera par un Notre Père

 

9 mars 2022 

46 La prière préparatoire est de demander à Dieu notre Seigneur sa grâce pour que toutes mes intentions, actions et opérations soient purement ordonnées au service et à la louange de sa divine Majesté.

 

47 Le second préambule est de demander à Dieu notre Seigneur ce que je veux et désire.

(Cf. infra pour 1er préambule) 

Méditation

Le premier point est la suite des péchés de sa vie : se remettre en mémoire tous les péchés de la vie, regardant année par année ou période par période.

 

Pour cela, trois choses sont utiles :

  • la première, regarder le lieu et la maison où j’ai habité ;

  • la deuxième, les relations que j’ai eues avec d’autres ;

  • la troisième, le métier ou l’emploi que j’ai exercé

Le deuxième point : mesurer le poids des péchés et leur gravité. 

 

Le troisième point : regarder qui je suis, moi, en me rendant, par des exemples, de plus en plus petit.

 

  • Premièrement : ce que je suis, moi, en comparaison de tous les hommes.

  • Deuxièmement : ce que sont les hommes en comparaison des anges et de tous les saints du paradis.

  • Troisièmement : regarder ce qu’est tout le créé en comparaison de Dieu ; moi donc, tout seul, que puis-je être ? 

  • Quatrièmement : regarder toute ma fragilité corporelle par rapport à l’univers.

  • Cinquièmement : regarder ma fragilité spirituelle et intellectuelle par rapport à Dieu lui-même.

 

Le quatrième point : considérer qui est Dieu, contre qui j’ai péché, selon ses attributs, comparant ceux-ci à leurs contraires en moi : sa sagesse à mon ignorance, sa toute-puissance à ma faiblesse, sa justice à mon iniquité, sa bonté à ma malice ...

 

Le cinquième point : Cri d’étonnement avec grande émotion, en passant en revue toutes les créatures ; comment elles m’ont laissé en vie et m’y ont conservé.

On terminera dit Ignace par « un colloque de miséricorde » avec Dieu en rendant grâce. 

8 mars 2022

Sur les préambules à la prière : 

Exercices n°47 : "Le premier préambule est une composition en voyant le lieu.

       Ici, il faut remarquer que dans la contemplation ou la méditation de ce qui est visible, comme par exemple la contemplation du Christ notre Seigneur, lequel est visible, la composition sera de voir avec la vue de l’imagination le lieu matériel où se trouve la chose que je veux contempler. Je dis : le lieu matériel, comme par exemple un temple ou une montagne où se trouve Jésus Christ ou Notre Dame, selon ce que je veux contempler. 

Dans la contemplation de ce qui est invisible, comme est ici celle des péchés, la composition sera de voir avec la vue de l’imagination et de considérer mon âme emprisonnée dans ce corps corruptible et tout le composé humain dans cette vallée, comme exilé parmi des animaux privés de raison. Je dis : tout le composé de l’âme et du corps."

Méditation du jour : 

Nous allons méditer sur les trois premiers péchés. 

 

1/  Le premier point sur le péché des anges, créatures spirituelles dont certaines ont dit non à Dieu de toute éternité et pour l’éternité. 

Catéchisme de l'Eglise Catholique §391

Nous pouvons méditer sur ce refus des anges de vénérer le Seigneur, comme dit le principe et fondement de « louer, révérer et servir Dieu notre Seigneur ».

 

2/ Le deuxième point sera de méditer sur le péché de nos premiers parents. 

Catéchisme de l'Eglise Catholique §397

 

3/ Le troisième point sera de méditer sur le péché de tout homme en général. Méditer sur les péchés des hommes, leur violence, leurs perversions. Je dis bien le péché, c’est à dire un acte mauvais, libre, consciemment posé. 

On terminera par un colloque en s’adressant au Christ en Croix qui s’est fait homme et qui est venu pour sauver tous les hommes du péché.

7 mars 2022

Principe et fondement : 

​" L’homme est créé pour louer, révérer et servir Dieu notre Seigneur et par là sauver son âme, et les autres choses sur la face de la terre sont créées pour l’homme, et pour l’aider dans la poursuite de la fin pour laquelle il est créé." n°23

1/ Méditer sur les hommes en général, qui vont et viennent à la surface de la terre.

2/ Méditer sur Jésus Christ qui vient et va pendant sa vie terrestre au milieu des hommes

3/ Méditer sur soi-même qui vit sa vie chaque jour sur cette terre.

« ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui rassasie et satisfait l’âme,

mais de sentir et de goûter les choses intérieurement. » n°2

Le préambule à notre prière sera simplement de nous mettre en présence de Dieu.